La stratégie du silence a la cote au procès Swissair

BÜLACH - Le silence est resté de mise au second jour du procès Swissair devant le Tribunal de district de Bülach (ZH). Comme leurs collègues qui ont comparu mardi, les ex-administrateurs Andres Leuenberger et Antoine Höfliger ont choisi de se taire.A l'image de la veille, lors de la comparution du banquier genevois Bénédict Hentsch et du président de Panalpina Gerhard Fischer, le président du tribunal, Andreas Fischer a posé à deux reprises sa longue liste de questions dans le vide. Tant Andres Leuenberger en matinée qu'Antoine Höfliger l'après-midi ont opté pour la stratégie du silence, comme la loi les y autorise.Les deux ex-administrateurs, actuellement à la retraite, se sont uniquement exprimés pour rejeter les accusations de gestion déloyale et de diminution de l'actif au préjudice des créanciers, qui pèsent sur tous les ex-membres du conseil de SAirGroup, la maison-mère de Swissair. Avant de décliner leur identité et leur parcours professionnel, MM. Höfliger et Leuenberger ont ainsi tenu à présenter une déclaration.Le défenseur de M. Höfliger, ancien patron du Comptoir Suisse, a expliqué que le silence de son client était motivé par le futur procès civil de la déconfiture de Swissair. "En s'exprimant, mon mandant n'aurait pas grand chose à gagner durant le procès pénal, mais beaucoup à perdre dans la procédure civile", a déclaré l'avocat de M. Höfliger.Durant l'audience du matin, Andres Leuenberger a aussi invoqué le même motif pour son silence. Agé pour sa part de 68 ans, l'ancien président d'économiesuisse, a relevé avoir accompli sa tâche d'administrateur "au plus près de sa conscience", regrettant qu'il n'ait pas été possible d'éviter la déconfiture de Swissair et les dommages qu'elle a entraînés.Pour le reste, le scénario du premier jour du plus grand procès économique de l'histoire suisse s'est ensuite répété, le président de la cour se livrant à un long monologue.Le mutisme des inculpés a abrégé l'audience, qui a ainsi duré moins de trois heures et pour laquelle l'intérêt des médias s'est réduit au regard de l'ouverture du procès.Jeudi, deux autres anciens membres du conseil d'administration de SAirGroup seront entendus. Il s'agit de l'industriel Thomas Schmidheiny, qui lui a déclaré à plusieurs médias qu'il répondrait aux questions du président, et l'ex-conseillère aux Etats radicale Vreni Spoerry. /ATS
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