La BCE relève ses taux directeurs d'un quart de point

MADRID - La Banque centrale européenne (BCE) relève ses taux directeurs d'un quart de point. La décision est sans surprise dans un contexte d'intensification des pressions inflationnistes.Le taux de refinancement passe ainsi à 2,75%, a indiqué l'institut d'émission. Il avait déjà été augmenté de 25 points de base le 2 mars dernier, après un premier resserrement en décembre. Ce relèvement de 0,25 point touche également le taux de facilité de dépôt, qui est porté à 1,75%, et celui de prêt marginal, amené à 3,75%.La BCE continuera par ailleurs à durcir les conditions du crédit dans l'Euroland si la reprise économique se poursuit, a prévenu son président, Jean-Claude Trichet, lors d'une conférence de presse à Madrid. Basé à Francfort, l'institut d'émission a pour coutume de réunir son conseil deux fois par an dans une capitale d'un des Etats membres.Le président a justifié ce nouveau resserrement, le troisième depuis décembre, par la montée des dangers de dérapage des prix. Il juge en outre que les "taux restent bas" et que la politique monétaire de la BCE est "accommodante"."La BCE va continuer de surveiller de près" tous les éléments susceptibles de mettre en danger la stabilité des prix, a-t-il mis en garde. Il a pointé du doigt l'éventualité d'une nouvelle hausse des prix du pétrole et l'hypothèse d'effets de second tour, c'est-à-dire d'une contamination de la flambée des prix du brut à l'ensemble de l'économie.Il continue par ailleurs de craindre les retombées inflationnistes de la forte croissance de la masse monétaire et des crédits au secteur privé, qui laissent craindre, pour ces derniers, l'éclatement d'une bulle spéculative dans l'immobilier.En conséquence, l'institut a relevé sa prévision d'inflation pour 2006, évaluée désormais à 2,3% en moyenne, contre une précédente estimation à 2,2% en mars. La prévision de 2007 reste maintenue à 2,2%. Dans les deux cas, ces chiffres sont supérieurs à l'objectif de moyen terme, à savoir moins de 2%.La BCE est par ailleurs globalement confiante dans la santé de l'économie. Elle a maintenu sa prévision de croissance pour 2006 à 2,1% et abaissé sa projection pour 2007 à 1,8% contre 2% auparavant, à cause principalement des "risques liés à l'envolée des prix du pétrole". /ATS
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