La justice se penche sur les limites de l'euthanasie

L’acquittement. C’est ce que réclame l’avocat de l’ancien médecin cantonal neuchâtelois, Daphné Berner, qui a comparu mardi au Tribunal de police de Boudry.
 
 
Daphné Berner est prévenue de meurtre sur la demande de la victime. Les faits remontent à septembre 2009. Dans le cadre de ses activités dans l’association d’aide au suicide Exit, l’ex médecin cantonal a enclenché le goutte-à-goutte à l’origine du décès d’une personne paralysée. Mais d’après la loi, c’est le malade lui-même qui doit actionner le processus.
 
 
La morale plus forte que la loi
 
Daphné Berner affirme qu'elle n'a pas voulu violer la loi, mais que sur le moment, face à une malade paralysée et désireuse de mourir, elle n'a pas pu agir autrement. Elle a reconnu l'illégalité de son geste, et l'a même expliqué au médecin venu constater le décès. C'est d'ailleurs ce dernier qui l'a dénoncée.
 
Condamnée d'abord par le Ministère public à 45 jours amende avec un sursis de deux ans, l'ancien médecin cantonal a décidé de faire recours pour obtenir une audience et pouvoir donner sa version des faits.
 
Le jugement sera rendu le 6 décembre.
 
 
Vers une évolution de la loi ?
 
Les partisans de l'aide au suicide espèrent que ce procès poussera les parlementaires à demander une révision du code pénal. Ils souhaitent que la participation active au suicide ne soit plus punie si la personne souffre et est en phase terminale.
 
Le conseiller aux Etats neuchâtelois Didier Berberat prévoit de déposer prochainement une interpellation aux Chambres fédérales pour relancer le débat sur l'euthanasie. /mvr
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