Frédéric Hainard rattrapé par son passé

Un candidat libéral-radical au second tour de l’élection au Conseil d’Etat neuchâtelois rattrapé par son passé. Alors qu’il était adjoint au chef de la police de sûreté neuchâteloise, en 2006, Frédéric Hainard avait fait l’objet d’une procédure disciplinaire, à la suite d’un subterfuge digne d’un Etat totalitaire.

Des termes très durs utilisés par la Cour de cassation pénale, dans un arrêt rendu en octobre de la même année, qui donnait tort à Frédéric Hainard, dans une affaire d’expulsion.

Le candidat PLR, au Conseil d’Etat, occupe depuis juin 2007 la fonction de procureur fédéral suppléant au Ministère public de la Confédération, à Lausanne. Sa reconversion professionnelle, dans le canton de Vaud, avait automatiquement éteint l’enquête disciplinaire qui aurait pu nuire à sa carrière politique.

 
Enfant kidnappé
 
L’affaire est délicate. Les faits qu’on reproche au libéral-radical remontent à septembre 2005. En qualité d’officier de police judiciaire auprès de la police cantonale neuchâteloise, il avait fait expulser une ressortissante étrangère clandestine et son fils de 12 ans, avec des méthodes indignes d’un Etat de droit.
Même le Ministère public avait désapprouvé ces méthodes.

Cette requérante d’asile déboutée faisait des ménages au noir dans des familles de la région. La police a kidnappé son fils, sans motif légal, à la sortie de l’école à Neuchâtel. Sur ordre de Frédéric Hainard, elle l’a amené au poste des Poudrières et confisqué son natel. L’enfant a été interrogé seul sur les conditions de son séjour illégal et sur les aides que sa mère aurait pu recevoir de l’extérieur.

La femme a été arrêtée un peu plus tard, à la Place Pury, à Neuchâtel. Pourquoi à la Place Pury? Parce qu’elle s’est naturellement inquiétée de l’absence de son fils. Elle a appelé sur son natel et la police lui a répondu que le portable se trouvait aux objets trouvés des TN, à la Place Pury. La police, n’avait plus qu’à cueillir la femme…

Mère et fils ont été mis dans un avion, le lendemain, direction Moscou.

 
Faits prouvés
 
La Cour de cassation, qui utilise les termes de subterfuge digne d’un Etat totalitaire, avait cassé un jugement rendu en avril 2006 par le tribunal de police de Neuchâtel, jugement qui condamnait, certes, la clandestine, mais par défaut…

Et pour cause, puisqu’elle avait été expulsée le lendemain même de son arrestation, sept mois plus tôt, et qu’elle n’était donc pas en mesure de comparaître pour se défendre.

Le mandataire d’office de la prévenue, lors de cette audience, a pu prouver que la méthode utilisée par Frédéric Hainard pour arrêter la clandestine était indigne d’un Etat de droit. Il avait aussi dénoncé l’affaire au Conseil d’Etat.

C’est le chef du département de justice et police, en l’occurrence Jean Studer, qui avait ordonné une enquête disciplinaire à l’encontre de Frédéric Hainard.

Une enquête dont on ne connaîtra sans doute jamais les conclusions…
 
 
Frédéric Hainard réagit
 
Frédéric Hainard n'a pas tardé à réagir après ces révélations.  Il estime que les faits relatés ne sont pas justes, mais qu'il ne peut pas les rectifier en raison du secret de fonction auquel il est toujours astreint.
Il tient aussi à rappeler que la police cantonale a agi sur mandat de l'Office de la procédure d'asile.
Frédéric Hainard reconnaît que la méthode utilisée était peut-être fausse mais, selon lui, elle n'avait rien d'illégal puisqu'aucune plainte n'a été déposée contre les policiers engagés dans cette affaire. /fap 
 
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