L'AIJ retient deux pistes

L’AIJ n’a pas trouvé la solution miracle qui va réconcilier l’ensemble de la population de part et d’autre de la Roche St-Jean, mais elle a de véritables propositions sur lesquelles les autorités bernoises et jurassiennes auront à se prononcer dans les mois à venir: soit la création d’un nouveau canton, soit une amélioration de ce qui existe aujourd’hui.
 
Le cas échéant, les habitants du Jura et du Jura bernois auront l’occasion d’en discuter ensemble avec les représentants de l’AIJ, avant un éventuel scrutin populaire.
 
Sous la présidence de Serge Sierro, l’Assemblée Interjurassienne présente ce lundi à Moutier son rapport final sur l’avenir institutionnel de la région interjurassienne. Concrètement, selon l’AIJ, deux pistes sérieuses sont aujourd’hui à prendre en considération pour régler la Question jurassienne, mais aucune des deux solutions ne s’impose politiquement comme allant de soi.
 
 
Deux pistes
 
Il y tout d’abord la piste qui suppose la création d’une nouvelle entité, le rapport de l’AIJ parle ici de changement et d’innovation. Ce nouveau canton serait composé de 6 communes, d’une nouvelle administration, d’un parlement à 50 sièges, d’un seul cercle électoral et aurait pour capitale la ville de Moutier. Cette solution a un caractère politique marqué.
 
La seconde piste retenue par l’AIJ est ce qu’elle appelle le statu quo +, autrement dit la mise en œuvre de solutions permettant d’améliorer la situation actuelle du Jura bernois au sein du canton de Berne sans toutefois remettre en cause son appartenance cantonale. L’AIJ parle ici dans son rapport de continuité et d’amélioration. Les aménagements à réaliser sont plutôt d’ordre organisationnel.
 
 
Ouvrir le débat avant un éventuel scrutin populaire
 
Pour parvenir à trouver la meilleure solution, l’Assemblée Interjurassienne propose qu’on la mandate pour mettre sur pied une phase d’information interactive, un processus au cours duquel le fruit de ses travaux serait présenté et discuté avec les différentes institutions qui existent dans le Jura et dans le Jura bernois, mais aussi avec la population.
 
Au terme de ce processus et dans un délai maximal de 18 mois dès réception du mandat, un nouveau rapport sera établi à l’intention des deux cantons concernés et de la Confédération. Libre à eux de décider alors de la suite à donner aux propositions de l’AIJ et d’organiser en temps voulu une éventuelle consultation populaire.
 
 
Un processus sous haute tension
 
Ce qui est clair aussi selon l’Assemblée Interjurassienne, c’est que l’une ou l’autre solution ne pourra pas se mettre en place sans difficultés. L’AIJ relève ainsi que toute démarche unilatérale pourrait être fatale au dialogue interjurassien.
 
L’AIJ mentionne dans son rapport que les deux pistes retenues contiennent en elles les germes de nouvelles tensions politiques, voire de débordement de violence.
 
On retiendra d’ailleurs que l’Assemblée interjurassienne propose une charte aux différents acteurs du débat afin de susciter un dialogue politique serein et constructif dans un esprit d’ouverture et de tolérance.
 
 
Une minorité refuse le rapport
 
Il existe aussi un rapport de minorité, signé par 5 membres de l‘AIJ. On trouve 4 représentants de la délégation bernoise dont son président, l’UDC Claude Röthlisberger et 3 élus au Grand Conseil bernois, à savoir Annelise Vaucher, ancienne UDC et désormais membre du parti bourgeois démocratique, Sylvain Astier, du parti radical et l’UDF Marc Früh. Seul représentant de la délégation jurassienne à avoir soutenu ce rapport de minorité, l’UDC antiséparatiste René Schaffter, ancien député et ancien maire de Soulce.
 
Ces cinq personnes ont refusé le rapport entériné par une majorité de l’AIJ le 22 avril et qui est présenté officiellement lundi. Au-delà des incohérences et des divergences que soulignent les signataires de ce rapport de minorité, ils estiment surtout que l’avenir du Jura bernois se trouve au sein du canton de Berne. Ils ne partagent pas l’idée de la viabilité d’un canton à six communes.
 
 
Scrutin populaire contesté
 
Le groupe de minorité estime aussi que l’Assemblée Interjurassienne a failli à sa mission et qu’elle n’a pas étudié les effets du statut particulier du Jura bernois au risque, selon, lui de provoquer une dégradation de la situation dans le Jura bernois. Il propose d’ailleurs de confier aujourd’hui à un organe neutre la mesure des effets de ce statut particulier.
 
Corollaire de tout cela, les 5 représentants de l’AIJ avancent aujourd’hui que le dossier interjurassien doit être transféré de toute urgence au Conseil du Jura bernois. Ils veulent aussi que le mandat global de l’Assemblée Interjurassienne soit réexaminé en tenant compte précisément de l’existence du CJB.
 
Enfin, pas question pour eux de vote populaire. Les 5 auteurs de ce rapport minoritaire estiment que la population du Jura bernois doit pouvoir rester dans la situation qui est la sienne actuellement sans en manifester la volonté expresse. Ils ne veulent pas non plus de l’ensemble des recommandations émises par l’AIJ à la fin de son rapport. /gk
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04.05.2009
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