Delémont-Hollywood à la rescousse du cinéma suisse

Parallèlement à la sélection suisse du film pour les Oscars, l’association qui gère Delémont-Hollywood veut fédérer le monde des producteurs de cinéma et celui des politiques. L’objectif est de faire pression sur la Confédération, notamment pour aider les cinémas des petites villes à s’équiper en matériel numérique.

 
Delémont, quartier général du lobby du cinéma
 
Le maire de Delémont Pierre Kohler est également le président de l’association qui organise Delémont-Hollywood. Dans les coulisses, il veut en faire une plateforme de lobbying entre le monde politique et celui de la production cinématographique. Le travail a déjà démarré: selon Pierre Kohler, l’année dernière, une vingtaine de producteurs de cinéma suisses se sont réunis à Delémont.
 
Le maire dit aussi être en contact avec les présidents des commissions qui s’occupent du cinéma sous la coupole fédérale. Enfin, un atelier de réflexion sur le passage au numérique réunira des producteurs de cinéma et des maires de petites villes cet automne dans le cadre de Delémont-Hollywood.
 
 
Nicolas Bideau se félicite de la démarche
 
Du côté de l’Office fédéral de la culture, on voit d’un bon œil la réflexion qui se mène à Delémont. Pour Nicolas Bideau, responsable de la section cinéma à l’OFC, «il est cohérent de mener ce type réflexion en périphérie, puisque le cinéma suisse y existe beaucoup, et qu’on a tendance à l’oublier». Il ajoute que Delémont-Hollywood pourrait se multiplier, avec Delémont pour capitale et d’autres villes en doublon. Bulle est notamment pressentie pour s’associer à l’événement.
 
 
La Confédération pourrait aider les petits exploitants de cinéma
 
Interrogé sur la difficulté que connaissent les petites salles de cinéma pour s’équiper en matériel numérique, Nicolas Bideau se veut rassurant: «Je prends mes responsabilités, et on a des responsabilités envers les citoyens urbains, mais aussi envers ceux qui habitent les plus petites régions». Il se dit conscient que certaines salles ne peuvent pas assumer les investissements nécessaires pour le passage au numérique. «Ça met en danger la diversité de l’offre».
 
 
Des subventions pour 2011?
 
Le responsable de la section cinéma explique que la nouvelle stratégie pour 2011 se discute cette année. Il en découlera au 1er janvier une nouvelle base légale et un budget. Des subventions pourraient suivre. Mais pour certains cinémas, le processus est trop lent. Une critique que rejette Nicolas Bideau: «être prêt une année après la sortie d’Avatar, ce n’est pas si mal pour la Confédération qui est relativement peu souple à diriger». Les cinémas devront répondre à certains critères pour prétendre à une subvention. Ceux-ci restent à définir, mais il faudra que les exploitants démontrent la diversité de leur programmation, et la nécessité économique d’une subvention.
 
 
La bataille n’est pas encore gagnée
 
Pour Pierre Kohler, il est logique que la Confédération passe à la caisse pour soutenir les petits exploitants de cinéma. «Avant que les communes et les cantons n’ouvrent leurs bourses, c’est la Confédération qui a la responsabilité de soutenir le cinéma suisse ». Il dit craindre que les mesures d’économie menées par la Confédération mettent en danger le soutien au cinéma. «La bataille n’est pas gagnée, et sans aide, certains cinémas devront probablement fermer». /cad
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