La communauté turque sous tension

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La mosquée bleue à Istanbul (image prétexte)

Trois semaines que le coup d’état militaire a eu lieu en Turquie. Trois semaines de purges massives menées par le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan. Trois semaines d’instabilité et un avenir incertain pour la Turquie. En Suisse, la communauté Turque représente quelques 100'000 personnes; 1500 dans le canton de Neuchâtel.

Il y a ceux qui ont vécu le putsch depuis la Suisse, à l’image de Merih Taymaz, habitant de la Chaux-de-Fonds. Il évoque la peur de revivre un coup d’état comme celui de 1980. La peur aussi pour sa famille restée au pays.

D’autres expatriés comme Ruhisu Akkaya étaient en Turquie au moment du putsch. « Pendant toute la nuit, on s’est caché dans les couloirs, le plus loin possible des fenêtres. Voir ces avions de chasse lâcher des bombes, c’était difficile. » De retour en Suisse, Ruhisu Akkaya est encore sous le choc. « Le soir du 1er août, des pétards sonnaient pas loin de nous. Je sursautais, j’avais des tremblements et des souvenirs revenaient. »

Lorsqu’on évoque l’avenir, il est plutôt pessimiste: « Il n’y a rien de bon pour la Turquie pour les quelques années à venir. Il y aura une guerre civile. »

Hasan Mutlu, responsable du secteur conseil et information au Service de la Cohésion Multiculturelle de Neuchâtel, remarque aussi une certaine tension au sein de la communauté turque neuchâteloise. « On a énormément de difficultés à comprendre ce qui s’est passé et ce qui se passe encore. »

La communauté turque est très segmentée – entre conservateurs, Kurdes, kémalistes, alévis et autres minorités – mais le dialogue politique demeure ouvert en Suisse. « C’est le sujet de prédilection, confirme Hasan Mutlu, même si entre certains milieux, le contact politique reste assez limité. »

Lorsqu’on évoque l’avenir de la Turquie, tous restent optimistes malgré d’évidents nuages noirs. Pour Bülent Kaya, politologue et chercheur en matière de migration, le putsch du 15 juillet est une déception totale: « J’avais toujours l’espoir que la Turquie s’approche d’une démocratie véritable, des normes et valeurs de l’Union Européenne, voir même en devenir membre. Après le coup d’état, ce rêve est tombé à l’eau. » Comme ses compatriotes, Kaya Bülent craint la suite des évènements: « La Turquie doit s’attendre à des difficultés incroyables. Sauf si l’élite politique utilise cette situation de crise comme une chance de reconstruire le pays sur la base de valeurs démocratiques. Mais je connais la culture politique de cette élite, qui n’est pas solide sur le plan démocratique. Je suis donc dans le doute ». /Jca

La communauté turque sous tension, témoignages

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