Absinthe : demande d’IGP déposée

L'Association interprofessionnelle de l'absinthe veut décrocher une IGP pour l'Absinthe du Val-de-Travers. Zoom sur « L'Association interprofessionnelle de l'absinthe veut décrocher une IGP pour l'Absinthe du Val-de-Travers. » (touche ESC pour fermer)
L'Association interprofessionnelle de l'absinthe veut décrocher une IGP pour l'Absinthe du Val-de-Travers.

La demande d’enregistrement pour une Absinthe du Val-de-Travers IGP est enfin déposée. L’Association interprofessionnelle de l’absinthe l’a envoyée à l’Office fédéral de l’agriculture. La Commune de Val-de-Travers soutient cette démarche.

L’association a mis du temps pour formuler sa demande, depuis l’assemblée générale d’avril 2015 où les membres se sont prononcés. Certains adhérents ont démissionné et il a fallu trouver de nouvelles recrues pour parvenir aux critères exigés par l’OFAG : représenter au moins 50 % des volumes produits et au moins 60 % des acteurs. Seule l’appellation Absinthe du Val-de-Travers est retenue, les dénominations Fée verte et Bleue ont été abandonnées. Le cahier des charges précise que les plantes d’absinthe utilisées doivent être cultivées dans la région pour prétendre à l’indication géographique protégée. Si la demande d’IGP est acceptée, les distillateurs qui souhaitent continuer à importer leur absinthe pourront le faire mais ne pourront plus mentionner « Val-de-Travers » sur l’étiquette.

 

La position de l’AAA

Le cahier des charges ainsi rédigé ne convient pas à l’Association des artisans-distillateurs d’absinthe du Val-de-Travers (AAA). Elle estime avoir fait des efforts, en proposant à l’Interprofession qu’il y ait obligation d’utiliser davantage de plantes du Vallon : la petite absinthe, l’hysope, la mélisse et la menthe. Pour la grande absinthe, l’AAA était d’accord d’aller jusqu’à une proportion de 30% de production locale obligatoire. Mais cette proposition a été refusée par le comité de l’Interprofession. L’Association des artisans-distillateurs d’absinthe du Val-de-Travers doit décider quelle suite elle veut donner à ce dossier. Ses membres doivent se réunir après les vacances.

 

Procédure potentiellement longue

Le chemin s’annonce encore long avant une décision définitive. L’Office fédéral de l’agriculture peut d’abord demander des ajustements en fonction des documents reçus. Une fois les éventuelles modifications apportées, la demande d’IGP et le cahier des charges doivent être publiés dans la Feuille officielle du commerce. L’OFAG peut ensuite statuer sur les oppositions qui peuvent lui être formulées. Si l’office lève les oppositions, les mécontents peuvent s’adresser au Tribunal administratif fédéral, puis, en dernier recours, au Tribunal fédéral. Selon les cas de figure, la procédure peut mettre entre un an et plusieurs années pour aboutir, si elle aboutit.

 

Des chiffres

L’Association interprofessionnelle de l’absinthe réunit actuellement 18 distillateurs sur les 29 que compte le Val-de-Travers. Plus de 81 % des 150'000 litres d’absinthe produits en Suisse en 2014 l’ont été au Val-de-Travers. Avant l’interdiction de l’absinthe en 1910, la région totalisait une surface de près de 38 hectares pour la production de plantes d’absinthe (soit 32 hectares pour la petite absinthe et près de 6 pour la grande absinthe). Aujourd’hui, trois cultivateurs professionnels utilisent 3'000 m2 pour faire pousser ces mêmes plantes au Vallon. En 2015, environ 1'000 kilos de matière sèche ont été récoltés dans la région. La même année, il fallait environ 5 kg de grande absinthe sèche pour produire 1'000 litres d’absinthe. La seule production vallonnière de plantes d’absinthe suffirait largement à couvrir les besoins de l’ensemble des distillateurs du pays. /msa

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