Vers une nouvelle CCT pour l’horlogerie

Une horlogère en plein travail Zoom sur « Une horlogère en plein travail » (touche ESC pour fermer)
L'horlogerie devrait fonctionner avec une nouvelle CCT à partir du 1er janvier prochain (photo: archives).

L’industrie horlogère devrait pouvoir profiter d’une nouvelle convention collective de travail. La conférence professionnelle de la branche du syndicat Unia a accepté la CCT le week-end dernier. Le texte devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2017 pour une durée de cinq ans et concerne 57'000 employés. Il doit encore être accepté par la Convention patronale de l’industrie horlogère suisse qui doit donner son feu vert d’ici à l’automne. Les négociations ont duré neuf mois et se sont tenues dans un climat constructif. Unia relève que des « améliorations substantielles » ont été obtenues, malgré les difficultés actuelles du secteur horloger.

Des améliorations sur trois points

Les changements portent sur trois domaines : une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie privée, des améliorations sociales et matérielles ainsi qu’un renforcement de l’application des conditions de travail. Dans le détail, la nouvelle CCT prévoit l’introduction d’un congé maternité de 18 semaines payées à 100%, l’amélioration du congé paternité qui passe à 10 jours dès la deuxième naissance et l’augmentation de la part patronale aux primes d’assurance maladie. Une refonte du système d’allocations pour enfants sera, par ailleurs, mise en place ainsi qu’une application stricte de la CCT aux intérimaires. Enfin, la distinction entre salaires minimaux et salaires minimaux d’embauche sera abandonnée, ce qui permettra de lutter contre la sous-enchère salariale.

Au final, Pierluigi Fedele, membre du comité directeur d’Unia porte « un regard positif sur la nouvelle CCT ». Il estime qu’il s’agit « d’un outil moderne de protection des conditions de travail des salariés ». Pour lui, les améliorations sont « d’autant plus réjouissantes » que les discussions se sont déroulées dans un climat marqué par le ralentissement conjoncturel de l’horlogerie.

Des défis et un nouveau dialogue à construire

Unia indique, également, que le secteur horloger devra relever de nombreux défis à l’avenir, comme la baisse des exportations et l’automatisation accrue liée à l’industrie 4.0. Le syndicat dit craindre « des délocalisations et de grands mouvements structurels ». Unia entend participer activement aux débats qui concernent l’horlogerie. Le syndicat va d’ailleurs interpeller la Convention patronale de l’industrie horlogère suisse pour « mettre sur pied un dialogue d’égal à égal » en ce sens.

Pierluigi Fedele relève que ces problématiques « ne sont pas spécifiques à l’horlogerie mais à toute l’économie en général et à l’industrie, en particulier ». Selon lui, ces défis « ne relèvent pas uniquement des directions d’entreprises mais également des représentants des travailleurs, voire même de l’Etat ». Pierluigi Fedele précise, enfin, que ces changements ne sont « pas forcément catastrophiques » mais peuvent aussi représenter « potentiellement des avantages », d’où la nécessité, pour lui, de « réunir les acteurs concernés autour de la table ». /comm + ats + fco

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02.11.2014
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