Drame du port de Neuchâtel devant la justice

Le drame s'est produit dans le port de Neuchâtel en juin 2013. Zoom sur « Le drame s'est produit dans le port de Neuchâtel en juin 2013. » (touche ESC pour fermer)
Le drame s'est produit dans le port de Neuchâtel en juin 2013.

L’épilogue dans le drame survenu le 18 juin 2013 au port de Neuchâtel a été reporté. Un jeune homme de 17 ans est décédé à la suite d’une électrocution alors qu’il se baignait. Le responsable du secteur de l’éclairage public au sein de Viteos a comparu lundi matin devant le Tribunal de police de Boudry. Il est prévenu d’homicide par négligence. Son avocat souhaite qu’un nouvel expert, en l’occurrence le président des électriciens suisses, soit entendu pour faire toute la lumière sur ce drame. Le juge demande d’abord à entendre les employés de l’ESTI, l’Inspection fédérale des installations à courant fort, avant de convoquer, éventuellement, ce nouvel expert. L’ESTI a par ailleurs réalisé le rapport sur lequel la cour s’appuie pour juger cette affaire.

Vive émotion dans la salle

L’audience s’est ouverte devant une salle comble et dans une ambiance remplie d’émotion, tant du côté de la famille de la victime, que du prévenu.

La maman du jeune homme a tenu à lire un texte. Des sanglots dans la voix, elle a fait part des moments de douleur qu’elle, son mari et son autre fils traversent depuis trois ans. A cette peine s’ajoute la colère. Colère car le prévenu refuse de reconnaître sa responsabilité dans le drame. Colère aussi parce qu’il a fait recours jusqu’au Tribunal Fédéral pour que l'une de ses auditions ne soit pas prise en compte.

Avant d’entendre le prévenu, le juge a tenu à préciser que ce sera à la justice de déterminer s’il est coupable ou non. L’audition de l’employé de Viteos a aussi commencé de manière très émotionnelle. L’homme, père de trois enfants, a tenu à exprimer sa compassion pour la famille de la victime. S’en est suivi un interrogatoire très technique. Le but de ce procès étant d’établir si le prévenu aurait pu éviter le drame. L’acte d’accusation lui reproche de ne pas avoir procédé aux contrôles périodiques et ponctuels des installations électriques alors même que des travaux avaient été réalisés en 2012. Ce d’autant plus qu’un de ses subalternes lui avait signalé avoir ressenti des picotements alors qu’il travaillait sur cette installation. Le prévenu a rappelé qu’il a procédé dès le lendemain à des vérifications sans constater de problème. Cela ajouté au fait que le dispositif fonctionnait correctement, il n’a pas jugé nécessaire de procéder à d’autres investigations.

Un homme abattu

L’homme, en sanglots, relève qu’il s’en veut de ne pas les avoir menées mais qu’au moment des faits il n’avait pas de raison d’aller plus loin. De plus, selon lui et certains experts, il n’est pas certain que ces investigations auraient permis d’identifier le problème, à savoir un câble défectueux qui a causé la propagation d’électricité dans l’eau. L’homme a rappelé que de nombreuses malfaçons avaient été constatées à la suite de cet accident. Des défectuosités qui ne lui incombaient pas. Le responsable de Viteos s’est dit prêt à assumer sa pleine et entière responsabilité si elle est réellement établie. Raison pour laquelle son avocat demande une nouvelle expertise. A la fin de son audition et en pleure, il s’est adressé à la famille : «Je me sens vraiment mal. Si j’avais pu faire quelque chose je l’aurai fait. On ne va pas laisser mourir quelqu’un. Je suis désolé, vraiment sincèrement, c’est horrible. Je suis désolé.»

L’audition des employés de l’ESTI se fera lors d’une nouvelle audience qui n’a pas encore été agendée. Le juge décidera à ce moment-là s’il faut entendre l’expert cité par la défense. A noter encore que tant la partie plaignante que le Ministère public se sont opposés à l’expertise décidée par le Tribunal. /sma

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