Tatoueurs et perceurs sous la loupe

En pleine séance de tatouage. Zoom sur « En pleine séance de tatouage. » (touche ESC pour fermer)
En pleine séance de tatouage.

Un quart des personnes qui pratiquent le tatouage, le maquillage permanent et le piercing et qui sont répertoriées par l’Etat n’ont pas encore obtenu leur autorisation d’exercer. Une autorisation pourtant exigée par la nouvelle Loi sur la police du commerce des établissements publics. Le Canton avait donné jusqu’au 1er janvier de cette année aux praticiens pour se mettre en conformité. À l’heure actuelle, 25 personnes sur les 33 répertoriées par l’Etat sont en règle.

Avant de délivrer cette autorisation, le Canton s’assure que les normes d’hygiène sont respectées, que les encres sont conformes à la législation et que les praticiens appliquent les bonnes pratiques.

Une démarche saluée par une partie de la profession et critiquée par une autre. La critique vise en particulier le fait que la qualité du travail ne soit pas prise en compte. Les collaborateurs du Service de la consommation et des affaires vétérinaires (SCAV) sont des généralistes qui maîtrisent globalement les règles de chaque profession qu’ils sont amenés à contrôler, de la boucherie à la boulangerie en passant par les grands magasins, les abattoirs et les studios de tatouages et de piercings. Ils ne sont de ce fait pas à même de juger dans les détails la façon de travailler de chacun. Ce que déplorent certaines personnes.

Bisbille entre l'Etat et les praticiens

Pour Pierre François Gobat, chef du SCAV et vétérinaire cantonal, l’Etat doit garantir la santé publique et la sécurité des consommateurs. Et ce n’est pas son rôle d’être spécialisé dans le tatouage et le piercing, mais celui des associations de la branche. Et c’est là que les divergences commencent. Certains professionnels de la branche estiment que le métier qu’ils exercent peut être dangereux s’il est mal fait et que les personnes chargées de les contrôler doivent maîtriser les pratiques de perçages et de tatouages. Ils regrettent également de ne rien avoir appris et d’avoir dû payer 350 francs pour une autorisation qu’ils estiment avant tout avoir achetée et pas méritée. Faux répond Pierre François Gobat, certaines personnes ont dû s’y prendre à plusieurs reprises avant d’obtenir cette autorisation. Ce qui démontre que l’action de l’Etat a porté ses fruits.

Les opposants rétorquent qu’il reste encore beaucoup de personnes qui travaillent au noir, dans des conditions d’hygiène déplorables et sans aucune formation. D’autres ont quitté le canton pour ne pas devoir payer cette autorisation d’exercer.

Certains professionnels de la branche regrettent par ailleurs que la liste des personnes autorisées à exercer ne figure pas sur le site de l’Etat. Une remarque que le chef du SCAV comprend. Il souhaite pouvoir la publier mais doit encore obtenir des garanties sur le plan légal avant de le faire. La loi ne précise en effet pas si l’Etat a le droit de la rendre publique.

Une Loi similaire devrait entrer en vigueur pour toute la Suisse l’année prochaine. /sma

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