«Une meilleure grille pour les enseignants et la fonction publique»

Le Conseil d'Etat estime que le salaire d'un enseignant neuchâtelois dans les classes 3 à 6 Harmos sera plus haut au début et fin de carrière, alors que la progression sera plus lente au début. Zoom sur « Le Conseil d'Etat estime que le salaire d'un enseignant neuchâtelois dans les classes 3 à 6 Harmos sera plus haut au début et fin de carrière, alors que la progression sera plus lente au début. » (touche ESC pour fermer)
Le Conseil d'Etat estime que le salaire d'un enseignant neuchâtelois dans les classes 3 à 6 Harmos sera plus haut au début et fin de carrière, alors que la progression sera plus lente au début.

Plus claire, plus moderne et harmonisée : c’est ainsi que l’Etat de Neuchâtel présente sa nouvelle politique salariale. Elle vise à renforcer l’attrait de la fonction publique et de l’enseignement. Le Conseil d’Etat estime que personne ne subira de baisse salariale dès l’entrée en vigueur le 1er janvier 2017, et que les principes de progression resteront identiques.

Les deux nouvelles échelles de traitement – pour la fonction publique et le corps enseignant – assurent une progression salariale annuelle de manière automatique. Cette progression s’appuie sur 25 annuités : après 25 ans de travail, l’employé a atteint le sommet de l’échelle salariale. Dans l’ancienne grille, les enseignants disposaient de 10 annuités.

Pour les enseignants, le Conseil d’Etat propose la suppression des cotisations obligatoires à la caisse de remplacement dès 2017, proposition qui doit encore être validée au Grand Conseil.  Cette mesure équivaut à une augmentation de 0.7% des salaires pour l’ensemble du corps enseignant. Le gouvernement relève par ailleurs que sa nouvelle grille permet une revalorisation du salaire initial des enseignants des niveaux 1 à 6 Harmos. Quant aux enseignants des lycées, l’indice horaire va retomber à 23 périodes d’enseignement, au lieu de 24.

Pour le personnel administratif, l’Etat veut introduire une reconnaissance individuelle ou collective sous forme de primes, équivalent à 0,7% de la masse salariale. « Une manière de récompenser ceux qui font des efforts », aux yeux de l’Etat.

Ce nouveau système, qui doit remplacer la transition amorcée en 2015 et 2016, va-t-il générer des économies ? « Difficile à dire », répond le Conseil d’Etat, pour qui le but de cette réforme n’est pas « de tout raboter mais d’améliorer le système ».  Le gouvernement admet toutefois que la phase transitoire a permis d’économiser environ 2,5 millions de francs en 2014, le double en 2015 et que cette nouvelle grille devrait permettre 7 millions de francs d’économie par an. La masse salariale annuelle totale des enseignants et des fonctionnaires équivaut à 474 millions de francs pour 4559 plein-temps.

Discussions difficiles

Le gouvernement déclare avoir entendu et pris en compte les revendications des syndicats « de manière réaliste ». Le salaire de carrière a été « la pierre d’achoppement dans les négociations». Si la progression salariale est allongée, le pic salarial est atteint de manière automatique pour les fonctionnaires, et plus haut pour les enseignants, en comparaison du système actuel. C’est le point de vue du Conseil d’Etat, alors que les syndicats ont annoncé il y a trois semaines quitter les négociations.

Appel aux syndicats

Le Conseil d’Etat reconnait cependant être « entre le marteau et l’enclume : la commission financière, qui réclame une refonte du système, c’est le marteau. L’enclume, c’est la fonction publique ». Le gouvernement invite les syndicats à reprendre les discussions afin d’apporter de nouvelles améliorations à cette grille. Il envisage notamment d’appliquer des décharges à tous les enseignants, y compris à temps partiel. Enfin, le Conseil d’Etat neuchâtelois « s’engage à travailler sur les conditions de travail des enseignants ces prochaines années ».

Les syndicats ne l'entendent pas de cette oreille

Du côté des syndicats, la position ne change pas. Le co-président de la section enseignant du Syndicat des services publics, Michel Gindrat, rappelle que l’ensemble des associations du personnel rejette ce projet. Par ailleurs, les revendications intégrées dans ce nouveau système sont selon lui d’anciennes promesses. Pour la suite, une assemblée générale du personnel de la fonction publique et des enseignants est convoquée lundi soir. Les syndicats tiendront ensuite une conférence de presse mardi matin. /aju

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