Réactions politiques à la proposition de Prévoyance.ne

La Caisse de pensions de la fonction publique du Canton de Neuchâtel est en quête de financement. Prévoyance.ne chiffre à 40 millions de francs par an environ le manque à gagner sur un rendement moyen de 145 millions, en raison d’une baisse des espérances de rendement de ses placements. Cette baisse est liée au taux d’intérêt négatif instauré par la Banque nationale suisse.

Pour pallier cette perte, la Caisse de pensions propose de passer du système de la primauté des rentes à celui de la primauté des cotisations. Elle a soumis une demande en ce sens au Conseil d’État qui est invité à son tour à présenter un rapport au Grand Conseil. Le système actuel vise à calculer les rentes sur la base du dernier salaire, tandis qu'avec la primauté des cotisations, le bénéficiaire récolte ce qu'il a cotisé. Ce système permet aussi de faire évoluer les avoirs de retraite des assurés actifs en fonction de la performance des placements, selon Prévoyance.ne.

La droite du Grand Conseil acquise à la proposition

Du côté des représentants de la droite au Parlement, cette proposition est accueillie avec beaucoup d’enthousiasme. Pour le libéral-radical Claude Guinand, le système actuel ne correspond plus à la réalité et ne permettra pas de financer les rentes à l’avenir. La primauté des cotisations, qui vise à faire toucher à chacun ce qu’il a cotisé, est aussi plus juste selon lui. Claude Guinand ajoute qu’il faudra toutefois prendre des mesures pour atténuer le choc pour les personnes qui seront sur le point de prendre leur retraite au moment du changement de système.

Le député UDC Walter Willener partage une position similaire. C’est le seul système capable de faire vivre la Caisse de pensions à un coût supportable à long terme, selon lui. Walter Willener est lui aussi prêt à faire des concessions pour adoucir la transition.

Pour le vert’libéral Mauro Moruzzi, la réalité des chiffres rend nécessaire le passage à la primauté des cotisations, seul moyen à ses yeux d’éviter que certaines institutions affiliées ne finissent par devoir déposer le bilan, faute de pouvoir assumer leurs obligations en matière de rentes. Pour l’élu, il est aussi important d'assurer une équité de traitement entre les assurés et d'éviter de prétériter les jeunes générations.

Le groupe PopVertsSol opposé au changement de régime

Du côté de la gauche, le socialiste Baptiste Hurni n’est pas opposé par principe à la primauté des cotisations. En revanche, il attend des garanties : il ne faut pas que l’un des cotisants, employeurs ou employés, ne subisse seul les conséquences de ce changement. Le socialiste attend un effort partagé et supportable pour chacun, ainsi que des négociations directement entre employés et employeurs. La présidente du groupe socialiste, Martine Docourt-Ducommun, accueille avec un peu plus de froideur cette proposition de la Caisse de pensions. A ses yeux, le changement de système n'est pas acceptable tant qu'on ne connaît pas l'ampleur de la diminution des rentes.

Cédric Dupraz, du groupe PopVertsSol, est en revanche opposé à ce nouveau régime, qui implique souvent d’importantes pertes pour les travailleurs selon lui. Son collègue de parti, Daniel Ziegler, ajoute qu’il est important qu’en cas d’acceptation du nouveau système, les employeurs fassent également un geste.

Tous attendent bien évidemment d’avoir le projet concret sous les yeux pour se prononcer plus clairement. /sbe

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