Un Neuchâtelois sur dix risque la pauvreté

Mieux comprendre le profil social des Neuchâtelois pour lutter plus activement contre la pauvreté : c’est l’objectif d’un rapport émis par le Conseil d’Etat et destiné au Grand Conseil.

Ce « Rapport social 2015 » permet de poser un chiffre clair : il montre que le risque de pauvreté concerne 11,5% de la population neuchâteloise. Les ménages monoparentaux sont les plus exposés, avec un revenu disponible plus faible que la moyenne neuchâteloise ; ces ménages monoparentaux qui sont aussi en forte augmentation dans le canton, puisque leur proportion a pratiquement doublé depuis les années 80. L’important taux de divorce que connaît le canton de Neuchâtel explique en grande partie cette situation.

Les personnes âgées, de 65 ans et plus qui vivent seules, arrivent en deuxième position en matière de risque de pauvreté, suivies des étrangers.

Jeunesse fortement représentée à l’aide sociale

Un élément apparaît encore : la surreprésentation des jeunes entre 18 et 25 ans à l’aide sociale (15% contre 12.2% sur le plan suisse) et les difficultés qui peuvent survenir pour eux lors de la transition entre la fin de la scolarité obligatoire et le début de leur vie professionnelle. Le rapport montre également que 30% des bénéficiaires de l’aide sociale sont des enfants entre 0 et 17 ans.

Par ailleurs, une part difficile à quantifier de personnes renonce à toute forme d’aide de l’Etat et constitue ainsi une pauvreté cachée. Il est aussi compliqué selon le Conseil d’Etat d’évaluer le nombre de travailleurs pauvres dans le canton.

Paradoxe économique

Ce rapport illustre encore un paradoxe neuchâtelois bien connu : le fait que le Canton crée des emplois, mais que ceux-ci ne bénéficient pas forcément à la population. Pour lutter contre ce phénomène, le Conseil d’Etat expérimente actuellement une nouvelle politique d’intégration professionnelle, qui commence à porter ses fruits selon le conseiller d’Etat en charge de l’économie, Jean-Nat Karakash.

Du côté de Caritas, on salue la publication d’un tel rapport. L’association caritative avait lancé en 2010 la décennie de lutte contre la pauvreté en Suisse. Pour le directeur de Caritas Neuchâtel, cette étude a toute son utilité puisqu’elle fournit des chiffres précis et qu’elle permettra ainsi de mieux appréhender la problématique de la pauvreté. Hubert Péquignot attend d'ailleurs que le gouvernement propose des solutions dans son prochain rapport. L’objectif du Conseil d’Etat est en effet de publier une telle étude tous les deux ans. /sbe

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