À deux doigts d'une expulsion

 Zoom sur «   » (touche ESC pour fermer)
L'entreprise Sousa Vins et Comestibles SA exige le départ de Giant Studio de ses locaux.

Ce devait être un simple état des lieux de sortie comme pour toute fin de bail entre un locataire et son propriétaire sauf que jeudi matin à Serrières, en ville de Neuchâtel, on a assisté à un véritable bras de fer. D’un côté la directrice d’une école de danse réputée de la région et de l’autre, un importateur de produits portugais incontournable. La première refuse de quitter des locaux qu’elle a aménagés et qu’elle occupe depuis quinze ans. Le second veut récupérer les lieux pour stocker ses marchandises.

Ada Pisino, directrice du Giant Studio, avait jusqu’au 31 mars minuit pour quitter les lieux, selon une décision de justice qui date du mois de décembre 2014. Sauf qu’elle s’y oppose fermement et que rien n’a bougé dans le studio de danse qui emploie une trentaine de personnes et attire pas moins de 1000 personnes par semaines. Pas un carton dans les locaux. Ce jeudi matin, le propriétaire Sousa Vins et Comestibles SA, par l’entremise de son avocat, Michel Montini, a d'ailleurs procédé à l’état des lieux de sortie. L’occasion pour Ada Pisino de s'y opposer et de convier la presse pour alerter l’opinion publique sur sa situation.

Pas d'état d'âme pour le propriétaire

Les fronts n’ont pas bougé d’un pouce pour autant. Le propriétaire des lieux estime avoir assez patienté et s’appuie sur une résiliation notifiée par la justice neuchâteloise en décembre 2014 pour obtenir gain de cause. L’enjeu est selon l’avocat de Sousa Vins, de rapatrier des stocks dans les locaux principaux de la société. Plus question d’avoir des états d’âme dans la mesure où il s’agit d’une vieille affaire, qui date de plusieurs années. Le studio de danse avait, toujours selon le propriétaire, tout loisir de trouver d’autres locaux durant ce laps de temps.

Hors de question de quitter les lieux

La directrice du Giant Studio, Ada Pisino, nous explique qu’elle a investi près d’un demi-million de francs pour aménager les lieux. Elle rappelle que son entreprise est devenue un lieu d'entraînement très prisé par les acteurs sportifs de la région et au niveau suisse. Pas question de quitter les locaux sans une solution de rechange. En l’occurrence, il y aurait bien un autre lieu où déménager, soit dans l’ancienne usine Leschot au Mail, mais faute d’argent, ce n’est pas pour tout de suite. Ada Pisino garde toutefois un espoir, celui de remporter une autre bataille devant la justice. Elle réclame à l'importateur portugais, le remboursement des charges de loyer qu’elle estime indues en raison de l’état délabré des locaux. Un verdict rapide en sa faveur pourrait, selon elle, obliger l’entreprise Sousa à revenir à de meilleurs sentiments, puisque Sousa traverse des difficultés financières.

 Zoom sur «   » (touche ESC pour fermer)
Ada Pisino, directrice du Giant Studio, refuse de quitter les lieux.

Vers une expulsion inéluctable

En attendant, le propriétaire des lieux est dans son droit et compte bien ordonner l’expulsion, avec la police s’il le faut. Reste à savoir dans quel laps de temps. On parle de jours, voire de semaines. Une issue à laquelle ne peut pas se résoudre le Giant Studio et sa directrice, qui a lancé ce jeudi un véritable appel à l’aide. /gwe

Le Giant Studio abrite aussi le club de Karaté-Do, où s'entraîne l'équipe nationale de la discipline.
Le Giant Studio abrite aussi le club de Karaté-Do, où s'entraîne l'équipe nationale de la discipline.

Les locaux du Giant Studio sont inchangés, malgré le délai de résiliation de bail.
Les locaux du Giant Studio sont inchangés, malgré le délai de résiliation de bail.

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