Neuchâtel : 20'000 armes enregistrées et probablement 40'000 en déshérence

fusils d'assaut Zoom sur « fusils d'assaut » (touche ESC pour fermer)
De nombreuses armes courent dans la nature.

« Ce n’est pas une explosion » : le nombre de permis d’acquisition d’armes progresse d’environ 20% chaque année dans le canton de Neuchâtel, selon le bureau des armes de la Police neuchâteloise. En 2015, 577 permis ont été délivrés. Une situation jugée « normale » par la police.

Depuis 2008, le citoyen est appelé à enregistrer son arme. Dans le canton, 20'600 fusils et autres pistolets sont désormais répertoriés. Mais le chiffre réel est plus élevé : les polices cantonales suisses estiment qu’au plan national, seul le tiers des armes en circulation sont enregistrées. Ce qui porterait à dire que 40'000 armes supplémentaires sont « en déshérence » dans le canton. Selon Stéphane Audétat, ce chiffre n’est toutefois pas vérifiable en l'état. Si ces projections sont justes, ces 60'000 armes à feu en circulation équivalent à « une arme pour deux personnes susceptibles d’en posséder une. Mais il faut savoir qu’il y a de nombreux collectionneurs érudits », qui accumulent par exemple de nombreux modèles d’une certaine époque.

La présence de collectionneurs permet de relativiser le nombre d’armes en circulation. Du coup, cela pousse la police à dire que « la population neuchâteloise ne ressent pas le besoin d’acquérir une arme pour se protéger ».

Par contre, le responsable du bureau des armes admet que le type d’armes en circulation évolue vers des calibres beaucoup plus puissants. Une évolution qui répondrait à un phénomène de mode.

Les critères d’octroi d’un permis d’acquisition d’une arme sont stricts. Il faut déposer un dossier de candidature muni d’un extrait du casier judiciaire et d'une pièce d'identité au bureau des armes. L’honorabilité de la personne sera vérifiée en se penchant notamment sur les éventuelles infractions commises durant les dix dernières années de sa vie. S’il est octroyé, le permis autorise la personne à acheter entre une et trois armes.

Si un citoyen souhaite acquérir une arme pour se protéger, la police est catégorique : elle refuse systématiquement la demande. Mais ce genre de demandes reste très rare à Neuchâtel.

La législation sur le marché des armes s’est durcie depuis 2008. Désormais, tout achat doit être communiqué, y compris lorsqu’un vieux fusil est retrouvé dans le galetas familial.

Quels avantages à annoncer son arme ? La police note trois aspects principaux. D’abord, c’est une manière de s’éviter des problèmes avec la police. Ensuite, si l’arme disparaît, elle peut être localisée au plan national grâce à une collaboration entre les polices cantonales. Enfin, en déclarant son arme, le détenteur pourra prouver à son assurance que son bien a disparu ou été détruit, par exemple en cas de vol ou d’incendie. Les armes peuvent être annoncées en tout temps auprès du bureau des armes de la Police neuchâteloise chargé de vous renseigner. /aju

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