Les neurologues réagissent au documentaire consacré à l’AVC de Warluzel

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Dès les premiers symptômes, il faut immédiatement se rendre aux urgences, mais en ambulance uniquement.

Le documentaire consacré à Dominique Warluzel à la suite de son accident vasculaire cérébral est salué par le milieu médical. Personne ne l’assimile à du voyeurisme, mais bien à de la prévention : « médiatiser l’AVC est une bonne chose, ça incite les gens à consulter immédiatement lorsqu’ils ont des symptômes », explique Susanne Renaud, médecin-chef du service de neurologie à l’Hôpital neuchâtelois.

Car c’est bien à ce moment-là que les chances de conserver des séquelles d’un accident vasculaire se jouent.  Les premiers symptômes sont souvent sous-estimés par le patient, qui y voit un chicanement passager et souhaite attendre son prochain rendez-vous chez le médecin pour expliquer ce qu’il a ressenti.  Les séquelles seront alors durables. La doctoresse Suzanne Renaud est formelle : une difficulté d’élocution, une paralysie faciale, une perte de vue, une faiblesse d'un bras ou d'une jambe ou un déficit de sensibilité dans le corps sont des alertes à prendre au sérieux, même si elles sont passagères. « C’est le 144 est rien d’autre. Il ne faut pas s’amuser à aller en voiture chez un spécialiste, c’est jouer avec sa vie ».

Et ce conseil n’épargne personne : hommes, femmes, jeunes ou seniors, l’AVC frappe aujourd’hui chaque couche de la population, avec une préférence pour les quinquagénaires et plus. « Bien sûr, l’âge est un facteur aggravant. Mais il y a aussi la prédisposition génétique et surtout le tabagisme qui favorisent la maladie. A cela il faut ajouter l’hypertension dont les valeurs cible sont 140/90, le cholestérol, le diabète et le manque d’activité physique  ».

De quoi passer des nuits angoissantes, si on écoute la neurologue qui dirige aussi la Stroke Unit de l’HNe, une unité spécialisée dans les accidents vasculaires cérébraux. Mais cette dernière veut absolument tordre le cou à une idée reçue : un AVC ne tue pas forcément. « Dans la plupart des cas on ne meurt pas d’un accident vasculaire cérébral. On peut mourir plus tard des comorbidités, c’est-à-dire des maladies liées aux facteurs de risque d’un AVC.   Sur les 265 patients que nous avons soigné l’an dernier, 5% sont décédés dans la phase aiguë hospitalière immédiate ». Et la maladie ne laisse pas forcément un handicap. « Dans la moitié des cas, on doit vivre avec un déficit physique, une modification des émotions ou de la personnalité, comme Warluzel, ou une dépression. Mais beaucoup de patients retrouvent une vie comme avant, j’insiste là-dessus ».

Le documentaire sur Dominique Warluzel est un excellent rappel sur les dangers qui mènent à l’AVC. Mais il apporte aussi un message positif : malgré une importante attaque, on peut continuer à vivre, et à vivre bien. /abo

Thérèse fait partie des patients admis dans l’unité spécialisée en AVC de l’HNe. Son témoignage :

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