Maçons en colère

Unia Zoom sur « Unia » (touche ESC pour fermer)
Le cortège.

Une partie des maçons neuchâtelois est descendue dans la rue ce mercredi, à l’appel des syndicats Unia et Syna. Un cortège d’avertissement, composé d’environ 500 personnes dont des politiciens et des membres des syndicats, s’est ébranlé de la Case à Chocs à Neuchâtel pour défiler au centre-ville. Au cri de slogans tels que « sans maçons, pas de maisons ! », les travailleurs ont revendiqué le droit d’avoir une nouvelle Convention nationale renforcée ainsi que le maintien des retraites anticipées à 60 ans sans que l’on touche à leurs rentes.

Le débrayage était déconseillé par la Fédération neuchâteloise des entrepreneurs, qui y voyait une rupture des négociations avec les syndicats. La FNE nous confirme qu’elle ne signera donc pas l’avenant neuchâtelois qui apporte certaines améliorations à la Convention nationale avec l’actuelle délégation d’Unia.


Des bus pour vider les chantiers

Mercredi matin, dès 7h, des bus organisés par les syndicats sont allés vider les chantiers de plus de 5 personnes. « Il y en a 87 dans le canton, nous en avons vidé les 80% », explique Catherine Laubscher, secrétaire syndicale à Unia. Si l’action s’est passée sans incident, la police est tout de même intervenue pour procéder à des contrôles. « C’est notre travail, nous n’avons rien constaté d’inhabituel », commente de son côté Pierre-Louis Rochaix, porte-parole de la police. « Il y a juste une banderole qui gênait la circulation, nous avons demandé qu’elle soit enlevée ».

En milieu de matinée, les ouvriers se sont réunis à la Case à Chocs. Discours, boissons et nourriture ravitaillant les travailleurs. L’inquiétude aussi : « Nous avons reçu une lettre de notre patron nous interdisant de faire grève », raconte ce maçon. « Ma femme est au chômage et j’ai deux enfants. Mais j’ai aussi des principes dont celui de défendre mes droits ».

Vers 11h30, l’assemblée a voté une résolution demandant l’amélioration de certains points sur les plans national et cantonal.


Mourir sur un chantier

Une fois la panse pleine, les ouvriers se sont massés, armés de drapeaux et autres sifflets. Une petite nuée de casquettes rouges logotées Unia s’est ainsi déplacée en ville, sous le regard de passants interloqués pour les uns, filmant avec leur téléphone portable pour les autres. « On vit une répétition du passé ; les patrons veulent faire travailler plus et nous font mourir sur les chantiers, comme ça, ça ne leur coûte rien », commente ce grutier et ancien syndicaliste.

Optimiste et presque aphone, la syndicaliste Catherine Laubscher, micro à la main, a chauffé la foule entre slogans et droit des travailleurs. « Je suis vraiment heureuse, le message a très bien passé, il y a davantage de monde qu’espéré, ça prouve que les patrons n’ont pas réussi à intimider ».


La rage d'un avocat

Fonçant en agitant les bras dans la foule, un homme n’est pas passé inaperçu. Vêtu d’un costume et d’une cravate, cet avocat de la place a crié au scandale en voyant les manifestants. « C’est lamentable ! On ne peut pas offrir des retraites à 60 ans à tout le monde ! Ce sont nos parents qui ont travaillé beaucoup, pas ceux d’aujourd’hui, c’est lamentable ! ». /abo

Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.