Les entrepreneurs neuchâtelois avertissent Unia

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Le secteur de la construction va mal: un vide conventionnel le menace et les carnets de commandes sont vides, mauvaise conjoncture oblige.

Certains parlent de trahison, d’autre d’instrumentalisation : une chose est sûre, la hache de guerre est déterrée par les syndicats et le milieu entrepreneurial neuchâtelois. Au cœur du conflit : la Convention nationale qui régit le secteur de la construction sur le plan suisse d’une part. Et le régime des retraites anticipées d’autre part.

Ce lundi matin, c’était au tour de la Fédération neuchâteloise des entrepreneurs de lancer un sérieux avertissement aux syndicats, le tout par voie de presse : si Unia maintient son appel à débrayer ce mercredi, alors la FNE considérera que le dialogue est rompu. Avertissement qui risque bien d’être validé, car Unia envoyait un communiqué de presse aux médias quelques minutes avant cette mise au point : la journée de protestation de jeudi est légitime.

La convention de la construction arrive à échéance à la fin de cette année. Or, elle ne fait l’objet de discussions selon les syndicats qui souhaitent voir certains points améliorés. Pour Jean-Claude Baudoin, secrétaire de la FNE, « appeler à manifester alors que les syndicats sont à la même table que nous, c’est nous faire un gamin dans le dos ! C’est de la trahison, nous sommes outrés ».

Pourquoi en arriver à cet appel, alors ? Unia et Syna, autre syndicat, expliquent conjointement vouloir donner un signal clair en faveur d’un partenariat social. La Société suisse des entrepreneurs (SSE), qui vient de récolter 26'000 signatures de la part de travailleurs favorables à la nouvelle convention, aurait obtenu ces paraphes sous la contrainte. La délégation neuchâteloise de la FNE soutiendrait la ligne dure de sa faîtière suisse, la SSE, et serait également favorable à une diminution des prestations qui permettent d’avoir un régime de retraite anticipée à 60 ans. « C’est totalement faux. Nous sommes pour la retraite anticipée, avec possibilité de partir 5 ans avant l’âge légal de fin », s’étouffe Jean-Claude Baudoin.

Les syndicats ricanent de la perte de nerfs de la FNE. « Ca démontre leur embarras », résume Catherine Laubscher, du syndicat Unia. La journée de débrayage est donc maintenue.

De son côté, la FNE est claire : elle considérera cette manifestation comme une rupture de la confiance, donc du dialogue. Et elle en tirera les conséquences en refusant de signer le nouvel avenant régissant la construction dans le Canton. Cet avenant, négocié depuis 18 mois et signé par les syndicats, propose quelques privilèges par rapport à la CCT suisse. Pour les repas de midi par exemple, mais pour la formation et la sécurité au travail surtout. « Ça n’est pas une menace de notre part puisque le partenariat sera rompu ! ». Et ce sera donc le travailleur qui en fera les frais ? « Hélas, c’est le risque. Mais j’ai assez confiance dans les patrons : ils ne lâcheront pas leurs employés. Mais là, nous sommes fâchés et nous voulons le montrer  ».

Réaction d’Unia : « Les patrons vont surtout se tirer une balle dans le pied s’ils mettent leur menace à exécution ».  Le cortège de protestation part mercredi à 13h30 de la Case à Chocs à Neuchâtel. /abo

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