Des patients encadrés par des architectes

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L'une des réalisations, dans le parc de Préfargier. Elle est l'œuvre d'un patient, encadré par des soignants et des étudiants en architecture.

Le Centre neuchâtelois de psychiatrie participe à une expérience en milieu hospitalier pour le moins originale cette semaine : Follies, c’est son nom, est un projet mêlant architecture et psychiatrie. Il est mené par le groupe Psyché. Pendant cinq jours, des patients du CNP ont ainsi l’occasion, toutes pathologies confondues, de construire leur chez-soi, sur pied d’égalité avec leurs soignants. L’expérience a cela d’original qu’elle se fait en collaboration avec des étudiants en master de l’École spéciale d’architecture de Paris, venus encadrer les patients et les aider dans leur réalisation.

« Je travaille avec mes étudiants sur le lien qui existe entre la construction psychique et la construction physique. Je dis toujours que la maison est ce que délivre l’architecte, le chez-soi est ce qu’en fait la personne qui y habite », raconte Peter Versteegh, professeur d’architecture dans cette école.

Concrètement, « patients et soignants imaginent un chez-soi, chaque jour avec un thème différent (l’enveloppe, l’entrée,…). Ils n’ont pas de cadre, ils conçoivent sans limite », explique Catherine Versteegh-Cellier, infirmière et responsable du pôle clinique au CNP.

Les vingt-six étudiants en architecture se chargent ensuite de les conseiller dans l’utilisation juste des matériaux récupérés, tels que des palettes, des pneus, du plastique. On peut ainsi voir une cabane de bois et de plastique imaginée par Gédéon*, dont la baie vitrée est découpée en pneus de vélos. « Il n’a pas dévié son projet d’une virgule depuis le départ », raconte Roger, étudiant architecte qui aide Gédéon dans sa construction. « Moi, ça m’apporte beaucoup. J’ai appris la patience et j’ai élargi mes idées. Désormais, je dessinerai autrement certaines choses ».

Cette semaine expérimentale Follies n’a pas comme unique but de construire des habitats. Au terme de cette expérience, Catherine Versteegh-Cellier récoltera les données cliniques après avoir interrogé chacun des participants. Le but étant de concevoir, à terme, une chambre de soins intensifs en psychiatrie plus adapté pour ceux qui doivent y séjourner. /abo

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