Prévenu de viols, il est acquitté

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Le jugement a été rendu en quelques minutes seulement, le jour de l'audience.

Le doute profite à l’accusé : les juges du Tribunal criminel de La Chaux-de-Fonds ont choisi d’appliquer cette maxime dans une affaire de mœurs qui les a occupés ce lundi.

Un quinquagénaire, gérant de restaurant au moment des faits, était accusé par l’une de ses anciennes employées de chefs d’accusation multiples dont deux viols, l’un en 2006 et l’autre en 2009. Il lui était également reproché d’avoir profité de sa position de supérieur hiérarchique pour obtenir ces faveurs sexuelles.
L’acte d’accusation faisait aussi état d’atteinte à la liberté et à l’honneur sexuel ou encore d’abus de détresse. La plaignante a été rejointe dans ses démarches judiciaires par une ancienne collègue qui a également déposé plainte, s’estimant victime de comportements déplacés et d’insultes à plusieurs reprises.

Prévenu acquitté

Pour les juges du Tribunal, aucun des chefs d’accusation n’a pu être retenu et le prévenu a été acquitté sur toute la ligne. L’avocat de l’accusation s’en remettait à la peine prononcée par le tribunal tandis que le Ministère public demandait 3 ans et demi de prison ferme. La défense, elle, a plaidé pour l’acquittement, son client s’estimant victime d’un complot depuis le début de cette affaire.


Victime peu crédible

Les viols, survenus en 2006 et 2009, n’ont pas pu être prouvés : pas de témoin, pas de trace, une plainte qui est arrivée quelques années après les agressions… Et puis la Cour a estimé que le comportement de la jeune femme, âgée de 22 puis de 25 ans au moment des faits, n’était pas clair. Cette dernière n’a pas manifesté son refus de façon catégorique. Elle a aussi rappelé le prévenu trois ans après sa première agression supposée, pour obtenir un plus grand pourcentage de travail… sa crédibilité est entachée, selon la Cour.

Le Tribunal estime aussi que le lien de dépendance entre la victime présumée et le quinquagénaire ne peut pas être établi. La jeune femme ne risquait pas d’être licenciée car le prévenu n’avait pas le pouvoir de le faire.
Quant au climat irrespectueux qui aurait régné au sein du restaurant, également décrit par plusieurs employés, il est peut-être réel. Mais il y a prescription : il faut qu’une plainte soit déposée au maximum trois mois après les faits.


Pas de témoin, pas d'histoire ?

On ne saura donc jamais si cet homme a bel et bien eu des comportements ou des gestes déplacés envers son personnel. Ni la nature exacte de sa relation avec la plaignante. La Justice ne peut pas condamner, comme elle l’a démontré, sans preuves.

Les parties ont 20 jours pour faire appel. /abo

 

 

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