La fête de Jéthro entachée par l'absence des plus attendus

Jéthro Zoom sur « Jéthro » (touche ESC pour fermer)
Deux nations réunies autour de l'agriculture : l'association Jéthro a remercié ses membres et donateurs.

L’Association Jéthro a fêté ses 15 ans ce dimanche au Joratel. La fête a réuni des membres et des sympathisants de la cause agricole mais a aussi été marquée par l’absence des principaux invités : les six Burkinabés attendus n’ont en effet pas reçu de visa pour pouvoir être présent.

Jéthro, association locloise, se bat depuis 15 ans pour lutter contre la faim au Burkina Faso. Des paysans de la région forment ainsi leurs homologues africains en leur dispensant des cours sur l’agriculture durable. Une école d’agriculture a aussi été ouverte près de Ouagadougou.


Bruxelles pointée du doigt

Ce dimanche, le président de Jéthro a déploré le manque de compréhension de Bruxelles, à l’origine du refus d’octroi des visas pour les six Africains. « La tristesse de Burkinabés est réelle. Au-delà d’une simple participation à notre fête, ils devaient venir se former dans le cadre d’un voyage d’étude. Nous avons reçu une réponse négative de Bruxelles hier (ndlr : samedi), mais nous avons encore espoir que ces agriculteurs africains puissent venir suivre notre formation. S’ils n’obtiennent pas de visa, nous porterons l’affaire plus loin », explique Claude-Eric Robert.


La connaissance, outil contre la famine

Jéthro est née sur une initiative personnelle en 1999. Cette ONG à but non lucratif a depuis formé près de 1'500 paysans au Burkina Faso, un pays où les 80% des habitants vivent de l’agriculture. « Nous n’imaginions pas que notre association prendrait une telle ampleur », raconte Claude-Eric Robert. « Nous sommes partis en 1999 avec une faux dans nos valises. Nous avons expliqué des choses de base aux Burkinabés,  comme apprendre à récolter l’herbe de la brousse, garder les animaux à la concession pendant les saisons sèches ». Puis, une école s’est créée et des échanges réguliers se sont noués. Jéthro a conservé son objectif de base : permettre au Burkina Faso de bénéficier de connaissances agricoles adéquates pour pouvoir cultiver correctement les terres et ainsi vivre sans la famine. « On pense toujours que la faim provient de la sécheresse. C’est faux : elle est le résultat d’une manque de connaissances pour cultiver l’environnement ».


Un périmètre servant de modèle

Les membres de l’association ont des projets, comme celui de pouvoir ouvrir un périmètre clôturé dans lequel une pratique correcte de l’agriculture serait appliquée…une sorte de zone exclusive servant de modèle, en somme. L’idée est de démontrer qu’en gardant par exemple les animaux dans des endroits délimités, alors que le bétail est majoritairement vagabond, la nature pourrait reprendre ses droits et apporter sa contribution à la survie de la population. « Les animaux broutent n’importent où et détruisent la brousse car ils sont en liberté totale. En ayant des techniques de fourrage adéquates, les animaux pourraient être nourris tout en étant en enclos. Et la nature pourrait ainsi se régénérer ».

Claude-Eric Robert est clair : Jéthro ne vise pas seulement à former les agriculteurs africains. L’association estime que l’amélioration des conditions de vie passe aussi par une nature qui reprend ses droits. /abo

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