HNe : pas de site unique et concentration des soins aigus

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Le site de soins aigus sera à Pourtalès, à Neuchâtel.

L’Hôpital neuchâtelois dévoile sa stratégie hospitalière à l’horizon 2022. Très attendu, ce rapport lève enfin le voile sur l’emplacement des différents types de soins. Le Conseil d’Etat doit avaliser ces choix, avant que le Grand conseil ne se prononce.

Sans surprise, un seul site de soins aigus verra le jour. Ce sera à Pourtalès, à Neuchâtel, avec des urgences 24h/24 et une polyclinique ambulatoire.

Les Montagnes se voient attribuer les soins de réadaptation et les suites de traitement ainsi qu’un service d’urgences 24h/24 et une polyclinique ambulatoire. Le Conseil d’administration de l’HNe souligne qu’il faudra, pour le site du Haut, investir dans une nouvelle construction, reste à savoir où. Pour le moment, aucun lieu n’a été retenu. L’actuel hôpital de La Chaux-de-Fonds semble donc à terme condamné en raison de sa vétusté.

Le Val-de-Travers, lui, conserve une polyclinique qui proposera des consultations ambulatoires le jour uniquement.

Les quatre centres actuels de traitement et de réadaptation disparaissent. Le Locle, La Béroche, le Val-de-Travers et le Val-de-Ruz sont concernés.

L'HNe n'a pas souhaité retenir le scénario d'un site unique afin de respecter l'équilibre régional. La présidente du Conseil d'administration Pauline de Vos Bolay, a aussi rappelé que la réadaptation est actuellement éclatée dans tout le canton et manque d'une identité forte alors qu'il s'agit selon elle de l'avenir de la médecine.

 

La force d'un bassin de population

Neuchâtel a été retenu comme le site des soins aigus en raison de sa localisation géographique et du nombre d'habitants plus important que dans le Haut. Prendre le risque de ne pas implanter ce site dans le bas aurait été synonyme de fuite des patients vers des hôpitaux concurrents. Par ailleurs, l'accès routier et ferroviaire est aisé et le bâtiment est neuf, comme l'a rappelé Pauline de Vos Bolay. Enfin, la collaboration est établie avec les autres hôpitaux universitaires.

« Si le site de réadaptation se construit dans les Montagnes, nous ne savons pas encore où », a martelé la présidente du conseil d'administration. « Nous n'avons même pas encore parlé de sa localisation », a ainsi démenti Pauline de Vos-Bolay, au sujet d'une implantation au Crêt-du-Locle. Et d'ajouter que le site sera « la fierté du canton... ».

A l’horizon 2022, période de transition, l’HNe aura la tâche d’accompagner ces réformes, notamment sur un plan géographie et architectural. Pour ce qui est des projets médicaux prioritaires, l’hôpital a pu s’appuyer sur la clairvoyance des soignants-cadres car la stratégie découle d'une réflexion participative. Cette dernière permet ainsi de rédiger une feuille de route pour les deux à trois ans à venir.

 

Un site unique d'ici 25 ans?

Ainsi donc, le Conseil d’administration de l’HNe justifie son choix de deux sites même si à long terme il vise toujours un site unique. L'explication est simple mais de taille : l’argent. Actuellement, créer un site unique coûterait trop cher. L'hôpital privilégie donc le scénario de deux sites, quitte à remodeler sa stratégie d’ici 25 ans puisque les bâtiments devraient être amortis d’ici-là. Il faut dire qu’actuellement, le site de Pourtalès n’est pas amorti financièrement, avec un bâtiment très récent.


Un important travail sur l'image

L’HNe, dans sa vision stratégique, veut aussi redorer son image : le bon soin, au bon moment, au bon endroit. Il insiste sur le fait que les 17 options stratégiques retenues par le Grand Conseil, et dont une partie ont été acceptées en votation populaire en 2013, sont avant tout le résultat de vision régionaliste et sont en grande majorité irréalisables.

À titre d’exemple, des soins intensifs à La Chaux-de-Fonds et à Pourtalès est une option trop coûteuse en terme de personnel soignant, surtout que la main d'oeuvre est rare. Sans oublier le fait que les deux unités sont sous-occupées. Maintenir un centre de traitement et de réadaptation sur les quatre sites de l’HNe n’est pas possible là aussi pour des raisons financières, de même que de créer un centre de chirurgie stationnaire à La Chaux-de-Fonds.

Le Centre du sein, c’est écrit noir sur blanc, devra rejoindre le site de soins aigus dès que ce dernier sera rapatrié dans le Bas, donc une fois le projet de l'HNe avalisé par le politique. « Une claque ! », selon le président de la Ville de La Chaux-de-Fonds Théo Huguenin-Elie. /abo

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18.03.2016
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