Pascal Sandoz embarrassé par un gros dépassement de crédit !

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Pascal Sandoz, à gauche et Thomas Facchinetti à droite.

La Ville de Neuchâtel, et plus particulièrement son conseiller communal Pascal Sandoz, sont mis en cause dans un dossier financier mal géré.

Alors que le libéral-radical vient d’annoncer qu’il ne briguerait pas un quatrième mandat, les langues se délient concernant la construction du Stade de Pierre-à-Bot, achevée en 2007. Un dépassement de crédit d’un million de francs environ aurait été caché au Conseil général. L’affaire a été découverte il y a une année, lorsqu’une facture faisant partie de ce million a atterri sur le bureau de l’exécutif neuchâtelois. Une enquête administrative interne a été ordonnée. Elle a permis de révéler cet important dépassement de crédit.

Le million de francs, qui est de l’argent public rappelons-le, semble avoir été dépensé avec l’accord d’un chef de service alors que ce dernier n’était pas habilité à distribuer du travail à l’entreprise d’ingénierie employée sur le chantier.

Or, le législatif aurait dû donner son aval pour un tel montant, comme l’oblige la loi. Il n’a tout simplement jamais été informé du dépassement de crédit.

Le chef de service en question travaillait sous les ordres de Pascal Sandoz au moment des faits. A cette époque, le crédit de construction du stade, devisé à 5,3 millions de francs, avait été semble-t-il sous-évalué. Une première rallonge de 1,1 million a dû être demandée au Conseil général. La Ville, qui prévoyait de mener elle-même à bien différents travaux, semble s’être aperçue qu’elle était incapable de le faire. Elle aurait alors mandaté une entreprise d’ingénierie déjà employée sur ce chantier pour terminer le travail. « Demander une seconde rallonge au législatif aurait été difficile voire impossible. Par ailleurs, il fallait tenir les délais de fin de construction. Cela explique probablement pourquoi du travail supplémentaire a été donné à cette entreprise », nous explique une source proche du dossier.

Le rapport d’enquête interne est clair : cet employé a outrepassé ses compétences. Son rôle était notamment de veiller au bon déroulement de la construction et surtout de surveiller le respect des crédits. Mais plus de 5 ans après les faits, il y a prescription… Il n’y aura donc aucune sanction à l’encontre de ce fonctionnaire. Quant à savoir si Pascal Sandoz a couvert ces agissements, nous n’avons pas réussi à joindre le principal intéressé.

Ce que nous savons, c’est que le Conseil communal n’a pas souhaité révéler l’affaire lors du transfert de dicastère, en 2007.  En 2010, lors de la mise en place d’un nouveau mécanisme de contrôle des dépenses chapeauté par le Service des finances, l’exécutif a été mis au courant de cette irrégularité financière portant sur le dépassement de crédit du stade de Pierre-à-Bot. Mais malgré cela, il a préféré enterrer le cadavre plutôt que de l’avouer au Conseil général.

Aujourd’hui, le Conseil communal en place souhaite être totalement transparent sur les cadavres qu’il découvre. Preuve en est avec l’information transmise à la commission financière à la suite d’une enquête interne.

Reste qu’aucune sanction ne devrait être prononcée pour des raisons de prescription, même si l’exécutif étudie la chose, nous dit son président Thomas Facchinetti.

Le Conseil général, lui, pourra se contenter de prendre acte de ce que l’exécutif lui rapporte.

Au final, c’est l’histoire d’un stade qui devait coûter 5,3 millions et qui en aura coûté 7,4… dont un million a été noyé dans un quelconque rapport des comptes.

Quant à savoir pourquoi une entreprise envoie une facture plus de sept ans après le bouclement du crédit de construction, cela s’explique par un problème de facturation interne, comme on nous l’a affirmé.

Pascal Sandoz avait annoncé mercredi qu'il ne briguerait pas un 4e mandat aux élections communales de 2016. Selon le communiqué de la Ville de Neuchâtel, reçu vendredi en fin de journée, sa décision est indépendante de la situation évoquée ci-dessus. /abo

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