Pas de miracle pour les 1500 patients sans généraliste

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Les médecins de famille sont une denrée très recherchée.

Un mois après le décès brutal d’un médecin loclois, près de 1'500 patients se retrouvent sans généraliste. Pour ces personnes, retrouver un praticien dans l’immédiat est quasi mission impossible dans un canton déjà fortement frappé par la pénurie. Or, il n’existe aucune structure pour aider ces patients à retrouver un médecin. Ils sont en quelque sorte condamnés à empoigner leur téléphone, leur dossier médical sous le bras, en espérant que la chance sera avec eux.


Médecin cantonal présent, mais...

Le médecin cantonal Claude-François Robert nous indique qu’il surveille la situation, mais de loin. Ses pouvoirs ne peuvent en effet pas interférer sur le secteur ambulatoire. En clair : impossible pour lui de contraindre un médecin à prendre de nouveaux cas. En revanche, il est de son devoir, nous explique-t-il, de s’assurer que les patients puissent récupérer leur dossier médical. Cela fait partie de leurs droits. Mais c’est tout ce qu’il peut faire.

Les 1'500 patients concernés ne peuvent pas non plus se tourner vers les collègues qui partageaient le cabinet de groupe avec le praticien aujourd’hui décédé. Ces médecins sont, comme leurs confrères, débordés. Absorber cette patientèle représenterait trois heures de travail supplémentaire par jour pour ces quatre médecins.

Reste donc la possibilité d’engager un médecin pour remplacer le praticien décédé. Ce n’est pas faute d’essayer : le cabinet de groupe cherche deux généralistes… et les postulations sont rares. Le Locle semble être une ville qui peine à attirer.


Bricolage en attendant mieux

En attendant, les cas qui nécessitent des soins réguliers et importants sont en principe suivis par des spécialistes. Pour les patients, ils sont aiguillés vers des polycliniques, le médecin de garde quand c’est une urgence ponctuelle, ou auprès de l’Hôpital neuchâtelois. Mais ce sont bien entendu des solutions qui font office de sparadrap sur une hémorragie.


Changement de loi pour du mieux

Le médecin cantonal rappelle toutefois qu’une révision de la Loi de Santé devrait aboutir en automne. Si c’est le cas, elle permettra au Canton de soutenir les communes qui mettent en place des cabinets médicaux de groupe, sous forme de garantie financière… Une façon d’inciter à offrir ces prestations. Encore faut-il des médecins... Mais là aussi, il devrait y avoir des améliorations : le cursus de médecin de famille est en place depuis trois ans dans le canton. Il offre une formation ciblée et facilite l’installation de jeunes médecins dans la région, en incluant dans leur cursus un poste de formation en cabinet médical. Il semble que cette formation ait amené de nouveaux médecins : huit nouveaux praticiens installés en trois ans, nous dit le coordinateur de ce cursus. Ce n’est pas énorme, mais c’est déjà ça. /abo

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