Affaire des pianos : psychodrame clos par une fête

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Le facteur de pianos Jean Baumat joue sur la réplique parfaite du premier piano à queue Steinway, qui sera l'attraction de la fête.

Le Conservatoire de musique neuchâtelois veut tordre une fois pour toute le cou à la rumeur : depuis bientôt huit ans, ce qui est devenu L’Affaire des pianos ternit son image…pire : elle nuit à ses professeurs et véhicule toutes sortes de messages mensongers. Pour démentir une fois pour toutes que le site de Neuchâtel a volé les pianos à queue du Haut, une Fête du piano est organisée ce week-end.


Le Bas vole encore le Haut

Souvenez-vous, en 2007, lors de la scission du Conservatoire, les classes professionnelles avaient déménagé à Neuchâtel, sur le Campus Arc. Avec elles, une partie des pianos à queue du site de La Chaux-de-Fonds. « Le Bas nous a piqué les meilleurs Steinway ! (ndlr : marque de piano considérée comme la référence mondiale)  », ont crié certains.

Le Conservatoire des Montagnes possédait en effet un parc instrumental impressionnant et quelques pianos ont bel et bien été descendus sur le Campus Arc. « Cela a provoqué beaucoup d’émotion et surtout de la colère. Le Haut a eu l’impression qu’on lui arrachait quelque chose », raconte Sylvain Jaccard, directeur de l’institution. « Mais en réalité, une partie de ces pianos à queue est remontée ».


Invité très prestigieux...

C’est donc pour mettre deux barres de mesures finales à cet opéra dramatique que le Conservatoire organise sa première Fête du piano, sur deux jours. Elle mettra au diapason élèves et professeurs, à La Chaux-de-Fonds bien entendu. Une organisation sur le site du Bas aurait sonné faux…
La population est invitée à improviser, écouter, essayer, et même danser lors d’un grand bal samedi soir. Point d’orgue : la seule et unique réplique du premier piano à queue de marque Steinway sera exposée… l’original, daté de 1836, est actuellement exposé à New-York. Sa réplique a été reconstituée à l’identique, avec les matériaux d’origine. Elle sera à disposition du public qui souhaite jouer un petit air.


Plaie toujours béante

Huit ans après le début de L’Affaire des pianos, il était grand temps de « réassocier positivement les mots pianos et La Chaux-de-Fonds ». N’est-il pas trop tard pour réagir ? Sylvain Jaccard est formel : « Non. Dernièrement, une famille souhaitant inscrire son enfant a appelé le site de Neuchâtel alors qu’elle habite le Haut. Elle pensait qu’il n’y avait plus de pianos du tout au Conservatoire de La Chaux-de-Fonds. Et depuis deux ans que je suis en fonction, j’entends parler de cette histoire régulièrement ».


Conservatoire du Haut mieux isolé

Les professeurs des Montagnes, eux, semblent aussi avoir accepté le parc instrumental redimensionné qui est le leur. Et pour cause : ils possèdent de meilleurs pianos que dans le Bas. Comme le confirme Jean Baumat, facteur de pianos, « les instruments déménagés à Neuchâtel souffrent des conditions climatiques dans lesquelles ils se trouvent : plein soleil, climat sec…ils ont vieilli bien plus vite que prévu ».

Comme quoi la partition du voisin n’est pas toujours plus harmonieuse…allez, on oublie et on fait la fête. /abo

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