Deux bagarres passées au crible de la justice

Le Tribunal régional du Littoral et du Val-de-Travers à Boudry s'est penché mardi matin sur le déroulement de deux altercations. Un requérant d’asile débouté de 29 ans, impliqué dans les deux cas, comparaissait pour tentative de lésions corporelles graves, pour lésions corporelles simples et pour mise en danger de la vie d’autrui.

La première bagarre s’est produite le 31 octobre dernier dans le sous-voie de la gare de Neuchâtel. Le prévenu est accusé d’avoir infligé sept coups de couteau à un autre requérant d’asile.

Lors de la seconde bagarre, survenue au centre d’accueil de Couvet le 7 octobre 2014, l’homme a étranglé un demandeur d’asile.


Des traits de sauvagerie

Au cours de l’audience, deux visions différentes des faits se sont affrontées : celle du Ministère public et celle de l’avocat du prévenu.

Pour le procureur, on est face à « un volcan qui s’est réveillé deux fois l’an passé ». À ses yeux, les réactions de l’homme sont « disproportionnées et empreintes de sauvagerie ». Le Ministère public évoque les sept coups de couteau portés lors de l’altercation à Neuchâtel ; des coups portés à la tête et au thorax, avec la volonté de blesser fortement la victime. Selon le procureur, on a frôlé l’homicide. 

Il voit aussi une réaction disproportionnée lors de l’altercation au centre de Couvet. Pour une dispute portant sur la télévision, le prévenu met sa victime en danger de mort en l’étranglant et lui donne encore un coup de pied alors que l’homme est au sol, évanoui.


Légitime défense ?

De son côté, l’avocat du prévenu dépeint un tableau très différent. Son client a uniquement fait preuve de légitime défense, certes un peu excessive. À Neuchâtel, il craignait que son adversaire n’ait un couteau. Il a lui-même eu le doigt coupé, ce qui lui a laissé des séquelles. Ce n’est pas lui qui était à l’origine de la bagarre, selon l’avocat qui a ainsi joué sur le fait que les motifs de l’altercation n’ont pas pu être déterminés.

Lors de la bagarre à Couvet, il est difficile de juger de la mise en danger de la vie de la victime, selon l’avocat, puisque celle-ci ne s’est jamais rendue à l’hôpital. L’intensité de l’étranglement n’a ainsi pas pu être mesurée médicalement.

Au final, le procureur demande 23 mois de prison avec sursis durant 3 ans, tandis que l’avocat du prévenu réclame son acquittement. Le verdict sera rendu ce mercredi à 15 heures. /sbe

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