Beau-père pédophile devant la justice

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La mère de certaines victimes et également compagne du principal prévenu assure n'avoir découvert la vérité que l'an dernier. Elle est aussi sur le banc des accusés.

C'est une sordide d'histoire qui se joue devant le Tribunal criminel à Boudry. Pendant quatre jours, un couple de quinquagénaires comparaît pour des actes sexuels sur enfants.

Le principal prévenu aurait abusé de cinq enfants âgés de 3 à 15 ans au moment des faits, d'abord au début des années 2000 puis entre 2013 et 2014. Les victimes étaient les enfants et petits-enfants de sa compagne, ainsi qu'une fillette dont cette dernière avait la garde en tant que maman de jour.

 

Dans le déni total

Le quinquagénaire aurait violé une fillette et pratiqué d'autres abus sur ces enfants alors qu'il était en charge de les garder, lui étant au chômage et sa compagne travaillant à côté de ses heures comme nounou. L'homme nie en bloc, malgré des rapports médicaux faisant état de lésions gynécologiques sur deux fillettes. Il parle plutôt de « jeux sans gravité », comme se coucher sur une enfant pour la calmer, ou glisser sa main dans une culotte pour donner une tape sur les fesses.

Le prévenu admet aussi avoir passé certaines fois sa main sur les parties intimes de ses presque petits-fils, mais il dira que « c'était pour leur changer la couche ».


Relation avouée avec une enfantet avortement

Confus, incohérent et dans le déni tout au long de son interrogatoire, cet homme a tout de même avoué une relation: celle qu'il a entretenue avec sa belle-fille pendant trois ans. Sans sembler se rendre compte de la gravité des faits, il a expliqué que leurs rapports se passaient sans aucun échange verbal et que sa victime « faisait semblant de dormir » lorsqu'il l'approchait. La jeune fille a dû se faire avorter à l'âge de 15 ans, contre l'avis de sa mère (ndlr : elle est anti-avortement) qui pensait par ailleurs qu'elle était enceinte de son ami.

Le quinquagénaire, actuellement en détention, n'a manifesté aucun regret a l'encontre de ses jeunes victimes. Il s'est en revanche excusé auprès de sa belle-fille.

 

Compagne complice ou naïve?

La prévenue, elle, déclare être tombée des nues en découvrant les abus sexuels. « J'avais confiance, je l'aimais, jamais je n'aurais imaginé vivre avec un monstre », a-t-elle déclaré en larmes devant la Cour.

Cette mère de famille jure n'avoir jamais rien su de ce qui se passait sous son toit. Sa fille a pourtant dénoncé les faits au début des années 2000 et une procédure avait été ouverte. « Elle est revenue sur ses propos et a signé une lettre d’excuses à l’époque, déclarant qu’elle avait menti. Moi, j’ai pensé qu’elle s’en prenait à son beau-père par vengeance…Il avait pris la place de son père ».

Confrontée elle aussi à l'incohérence de ses déclarations, la prévenue a eu de la peine à expliquer pourquoi elle avait confié des enfants à son compagnon sachant que sa fille avait dénoncé des abus puis qu'une fillette s'était plainte d'attouchements. Sa seule réponse a été de dire qu'elle avait fait confiance à l'homme qu'elle aimait et qui niait avoir fait quoi que ce soit. Ses propres petits-enfants diront d'elle qu'elle a assisté à des scènes d'attouchements « en restant dans la pièce comme une statue, sans bouger ». « Ils mentent », finira-t-elle par dire.

Aujourd'hui, la famille est éclatée. La prévenue espère revoir sa fille et ses petits-enfants. Le procès se poursuit jusqu’à vendredi, jour où devrait être rendu en principe le jugement. /abo

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