Traitement ambulatoire ou internement pour un pédophile ?

Un pédophile récidiviste demande de pouvoir suivre un traitement ambulatoire plutôt qu’en institution. L’homme a comparu jeudi matin devant la Cour pénale de Neuchâtel. Il avait été condamné à 4 ans et demi de prison par le Tribunal criminel de La Chaux-de-Fonds en novembre dernier. Les juges de première instance ont suspendu cette peine au profit d’une mesure thérapeutique institutionnelle. Le prévenu souhaite aujourd’hui voir sa peine diminuer et pouvoir suivre son traitement en ambulatoire.

L’homme a été reconnu coupable d’actes d’ordre sexuel sur trois enfants de 7 ans, sa fille et deux de ses amies; des faits qui ont eu lieu de février à juin 2013 pour deux de ses victimes et entre 2009 et 2011 pour la troisième et qu’il a pour la quasi-totalité admis. En revanche, il estime qu’un traitement ambulatoire, comme celui qu’il suit actuellement, lui permettra de se soigner. Il a d’ailleurs fait des progrès selon le psychiatre du Centre neuchâtelois de psychiatrie qui le suit. L’homme a certes déjà été condamné par deux fois pour des faits similaires, mais ces actes ne figurent plus dans son casier judiciaire; raison pour laquelle son avocate estime que ces faits ne devraient pas être pris en considération dans la fixation de la peine. Autre argument avancé par la défense : l’expert psychiatre estime que le risque de récidive est atténué si l’homme entretient une relation affective suivie. Or, il a une compagne depuis sept à huit mois. Quant à la quotité de la peine, l’avocate estime qu’elle ne devrait pas excéder trois ans.

Pour l’avocat d’une des victimes, qui a lui aussi fait appel, c’est un pédophile qui doit être interné. « Il est malade depuis des années et bien malade ». Le mandant demande pour sa part à la Cour de retenir la qualification de contrainte abandonnée en première instance.

Du côté du Ministère public, on se réfère point par point au jugement du Tribunal criminel, notamment en ce qui concerne l’internement. L’expert a été clair : un suivi ambulatoire a déjà été fait, sans grand succès puisque l’homme se retrouve une nouvelle fois devant la justice pour des faits similaires. Pour que son traitement soit salutaire, l’homme doit être confronté à la privation de liberté pour qu’il se rende compte chaque jour des actes qu’il a commis. Il est vrai que l’homme suit actuellement un traitement ambulatoire, mais qui ne porte pas sur la problématique de la pédophilie mais se concentre plutôt sur le bien-être du patient. Pour le procureur « ce n’est pas cela que nous attendons du traitement, mais qu’il offre une certaine garantie pour qu’il ne récidive pas ».

Le jugement doit être rendu à 15h30. /sma

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