Développer un réseau de familles d’accueil pour les enfants placés

L'enfant c'est la vie, Tertre, Neuchâtel, petite enfance, fondation Zoom sur « L'enfant c'est la vie, Tertre, Neuchâtel, petite enfance, fondation » (touche ESC pour fermer)
La Ruche accueille par exemple des enfants de 0 à 7 ans à Neuchâtel. L'établissement fait partie de la Fondation L'enfant c'est la vie.

Le Canton de Neuchâtel entreprend de nouvelles démarches concernant la prise en charge des enfants qui doivent être retirés à leurs parents. Il travaille à la mise en place d’un réseau de familles d’accueil, qui doit voir le jour à l’horizon 2016-2017.

Environ dix familles seraient ainsi chargées d’accueillir une vingtaine de bambins au total, « dont on sait qu’ils ne retourneront probablement pas dans leur famille et pour lesquels l’adoption n’est pas possible », explique Christian Fellrath, chef du Service de protection de l’adulte et de la jeunesse (SPAJ).

 

Mesures ambulatoires ou placement

Cette alternative viendrait s’ajouter aux diverses possibilités déjà existantes de prendre en charge un enfant. Le canton de Neuchâtel dispose de six fondations capables d’héberger des pensionnaires, qui comptent pour la plupart plusieurs institutions. Cela représente 326 places : 68 pour la petite enfance (0 à 6 ans), 140 pour l’enfance (6 à 16 ans) et 89 pour les adolescents (16 ans et plus). Par ailleurs, 21 places sont réservées aux placements d’urgence qui permettent de retirer sur le champ un enfant à ses parents ; phénomène qui reste rare.

De manière générale, la prise en charge se divise en deux catégories principales : l’ambulatoire et le placement en institution. Depuis 2011, Neuchâtel développe le concept de l’ambulatoire visant à soutenir les parents à leur domicile pour les renforcer dans leur rôle et éviter ainsi de retirer l’enfant de son foyer. La Fondation Carrefour, dont les antennes principales sont à La Chaux-de-Fonds et à Peseux, est spécialisée dans ce domaine, par le biais de l’AEMO pour Action éducative en milieu ouvert. Le Service psycho-éducatif de la Croix-Rouge joue également un rôle similaire, mais pour les familles qui rencontrent des problèmes d’intégration dans la vie neuchâteloise. Un éducateur et un psychologue se rendent au domicile de la famille plusieurs fois par semaine pour donner des outils aux parents et leur permettre de prendre en charge leur enfant.

 

La dernière issue : retirer l’enfant de son foyer

Le placement est généralement considéré comme le dernier recours. Selon Christian Fellrath du SPAJ, sur les 30'000 mineurs que compte le canton de Neuchâtel, 3'000 ont un dossier ouvert à l’Office de protection de l’enfant et 300 sont placés en institution en moyenne.

Ces placements prennent différentes formes. Un enfant peut se former et séjourner en internat à temps complet. Il arrive aussi qu’il suive une formation au sein de l’école publique ou un apprentissage et qu’il ne revienne que le soir et le week-end au foyer. Certains pensionnaires rentrent chez eux le week-end ou certains jours de la semaine, le placement se voulant individualisé pour correspondre au mieux aux besoins de l’enfant. Quelle que soit la forme choisie, l’objectif reste d’assurer un retour à la maison, raison pour laquelle un contact est toujours maintenu entre le jeune et sa famille.

 

Placement : quelle procédure ?

Plusieurs acteurs sont susceptibles de déceler un cas de maltraitance. La détection peut se faire par le pédiatre, l’hôpital, un proche, l’école, la structure d’accueil ou encore le club de sport. Si un cas est annoncé à l’Office de protection de l’enfant (ou à l’Autorité tutélaire lors de cas graves), celui-ci ouvre une enquête. De nombreux acteurs sont alors consultés avant de prendre la décision de retirer un enfant à ses parents : assistant social en charge du dossier, parents, pédiatre, psychologue, institution qui accueillera potentiellement l’enfant, qui est lui aussi entendu, jusqu’au juge qui prend la décision finale.

 

Une lacune persistante

L’ensemble du système fonctionne assez bien aux dires des différents acteurs qui y sont confrontés au quotidien. Une lacune est toutefois constatée : depuis plusieurs années déjà, le canton de Neuchâtel ne dispose pas d’une structure permettant d’accueillir en urgence les enfants de 0 à 4 ans.

C’est généralement l’Hôpital neuchâtelois qui joue ce rôle en attendant qu’une solution soit trouvée, même s’il arrive que les établissements de la Ruche à Neuchâtel et de Jeanne-Antide à La Chaux-de-Fonds le fassent aussi. Cet état de fait n’est pas idéal, selon Laurence Racine, médecin-cheffe du département de pédiatrie de l’HNe, puisque l’hôpital sort ainsi de son rôle purement thérapeutique et parfois pour longtemps car ce type de situations peut perdurer plusieurs semaines. Pour Laurence Racine, l’hôpital n’est en effet pas un lieu de vie adapté pour les enfants qui ne sont pas malades. Cela les oblige aussi à s’acclimater à plusieurs structures, selon elle.

Un groupe de travail s’est penché sur la question par le passé, préconisant de prévoir des places pour l’accueil d’urgence des tout-petits dans les structures existantes, selon Samuel Jeannet, directeur général de la Fondation l’Enfant c’est la vie. Aucune décision n’a toutefois été prise en la matière pour le moment. La création de familles d’accueil ne comblera pas cette lacune, puisque cette option ne s’applique pas aux mesures urgentes. Le problème reste donc d’actualité. /sbe

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28.04.2012
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