Roches-de-Moron: grande gueule mais pas tapeur

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Le prévenu dit respecter l'uniforme, mais...

Un restaurateur a comparu jeudi matin devant le Tribunal de police de La Chaux-de-Fonds pour avoir fait obstruction au travail des fonctionnaires de l’Etat. Condamné par ordonnance pénale à 45 jours-amende à 25 francs avec sursis pendant deux ans, le prévenu a fait recours pour s’expliquer devant la Cour.


Les faits

En juin de l’année dernière, le patron du restaurant des Roches de Moron, Roland Stengel, aurait empêché deux inspecteurs du Service de l’emploi de pénétrer dans sa cuisine alors qu’ils venaient contrôler l’éventuelle présence de travailleurs au noir. « Il était 10h30 lorsqu’ils ont débarqué, sans se présenter. Moi, j’attendais 120 personnes pour midi. Je leur ai poliment demandé de repasser vers 15h en leur promettant qu’ils auraient tout à disposition », a raconté le prévenu, le langage souvent cru et le ton très direct.

Selon le restaurateur, l’un des inspecteurs aurait d’emblée haussé le ton, arguant qu’il était l’Etat de Neuchâtel et qu’il avait tous les droits.  

« Il se la pétait, mais en face de lui, il a eu du répondant, croyez-moi ! On a haussé le ton tous les deux. On s’est rapproché, mais il n’y a pas eu de coups. J’ai une grande gueule et je suis soupe au lait. Mon ton suffit à faire reculer quelqu’un». Une version qui n’est pas celle contenue dans l’ordonnance pénale : Roland Stengel aurait en effet frappé l’inspecteur à la poitrine. « Je ne l’ai jamais touché », se défend-il. Le témoin à décharge appelé à la barre fait partie du groupe de moto du prévenu, les Chapter.


Montrer la sortie poliment ?

Présent en cuisine ce jour-là pour donner un coup de main « comme au sein d’une famille, on fonctionne comme ça chez les motards »,  ce témoin a raconté que le prévenu s’est contenté « d’aider l’employé de l’Etat à sortir de la cuisine en lui tenant le bras ». Là encore, le principal intéressé dément : c’est son père qui s’est chargé de raccompagner l’inspecteur… L’homme a d’ailleurs passé devant le même tribunal quelques minutes après son fils pour avoir barré la route aux inspecteurs alors qu’ils s’en allaient du restaurant. Il a été relaxé.

Quatre jours plus tard, le Service de l’emploi est revenu à la charge pour pouvoir procéder à son contrôle. Mais cette fois-ci accompagné de la police. « Les flics courraient dans mon bistrot comme s’il y avait une alerte à la bombe ! », déplore le tenancier des Roches-de-Moron. « Ils ont aussi questionné mon employé sur des éléments très personnels qui n’avaient rien à voir avec le travail au noir ».

 

La paperasse prend du temps

Les inspecteurs ont prié Roland Stengel de fournir les certificats adéquats dans un délai imparti pour être aux normes, sous peine de lui retirer sa patente. Délai qui a été prolongé car non respecté. « Ça prend du temps de faire des demandes. Puis d’obtenir les documents. Et ensuite, j’avais une convention de motos qui me préoccupait pas mal… mais j’admets qui j’ai été négligent et que j’aurais dû prévenir le Service de l’emploi que je n’arriverais pas à tenir le délai. Quoi qu’il en soit, ils ont tout eu ».

 

Chefs d'accusations faux

Pour l’avocat du prévenu, les chefs d’accusation ne peuvent pas être retenus à l’encontre de son client car ils ne correspondent pas à la réalité.  Son client n’a jamais empêché les inspecteurs d’entrer dans sa cuisine, comme le prouvent divers documents. Il ne les a pas non plus frappés à la poitrine, là encore le chef d’accusation est erroné.

Enfin, il demande au tribunal de renoncer à  l’infraction à la Loi sur l’emploi car les documents demandés ont été obtenus. En retard, certes, mais obtenus. Outre le fait de plaider pour l'acquittement, l'avocat demande une indemnité dont le montant n'a pas été prononcé.

Verdict le 19 mars. /abo

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