Réindustrialiser la Suisse et l’Europe en misant sur l’innovation

Luc Ferry, philosophe, ancien ministre français Zoom sur « Luc Ferry, philosophe, ancien ministre français  » (touche ESC pour fermer)
Luc Ferry faisait partie des conférenciers.

La productivité est en déclin en Suisse et en Europe. Le secteur tertiaire gagne toujours plus de terrain sur le secteur secondaire. Pour y remédier, il faut réindustrialiser le Vieux Continent en misant notamment sur l’innovation. C’est en résumé le constat qui a été dressé vendredi à l’Université de Neuchâtel dans le cadre de la 6e Journée des start-up, des PME et de l’innovation. Environ 150 personnes, - entrepreneurs, chercheurs, politiciens, etc., - y ont pris part.

À cette occasion, Mario El-Khoury, le directeur général du Centre suisse d’électronique et de microtechnique, basé à Neuchâtel, a donné l’exemple de l’industrie photovoltaïque. Jusqu’en 2008, l’Europe et la Suisse ont joué le rôle de locomotive dans le domaine technologique de l’industrie photovoltaïque, ainsi que dans la production de panneaux photovoltaïques.

La situation a toutefois changé. Depuis, la production est partie en Asie, et plus particulièrement en Chine, qui à son tour investit dans la recherche et  le développement et dépose des brevets à tour de bras. Aux yeux de Mario El-Khoury, il faut dès lors réindustrialiser l’Europe pour ne pas perdre la main dans le domaine et ramener la production sur le continent.

 

Une nouvelle technologie photovoltaïque conçue et produite en Europe

Pour y parvenir, le directeur général du CSEM évoque le projet sur lequel son institution travaille avec des partenaires européens : la création d’une industrie intégrée de panneaux solaires photovoltaïques qui permettra de produire jusqu’à 1 gigawatt par année, soit l’équivalent de ce que produit une centrale nucléaire. Cette industrie s’appuie sur la technologie de l’hétérojonction et permettra ainsi de concevoir, mais aussi de produire les panneaux en Europe.

 

L’impossibilité de concilier innovation et tradition

Parmi les invités de marque de cette journée figurait Luc Ferry, philosophe et ancien ministre français de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche. Celui-ci a évoqué l’impossibilité de voir cohabiter innovation et tradition. À ses yeux, toute innovation s’accompagne d’une part tragique.

Luc Ferry explique que les nombreux progrès réalisés au fil des siècles ont permis à l’humanité de multiplier son espérance de vie, mais qu’ils se sont aussi accompagnés de drames, à l’image des copistes ayant perdu leur travail après l’invention de l’imprimerie par Gutenberg. Le philosophe a aussi pris l’exemple plus moderne d’Amazon qui concurrence fortement l’activité des libraires, mais qui crée également des emplois.

Ces aspects négatifs tendent à freiner l’innovation, selon Luc Ferry. Ce bouleversement permanent est étroitement lié à notre société consumériste, analyse-t-il, contrairement aux sociétés traditionnelles qui entretiennent les coutumes des anciens. Nous sommes dès lors condamnés à vivre avec le tragique qui accompagne ces changements... /sbe

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01.11.2014
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