Providence : les syndicalistes s'estiment non coupables

Le piquet de grève Zoom sur « Le piquet de grève » (touche ESC pour fermer)
Le piquet de grève était installé dans la cour de l'hôpital de La Providence à Neuchâtel.

Le conflit de 2012 et 2013 à l'hôpital de La Providence s'est ranimé durant deux jours devant le Tribunal de police à Boudry. Syndicalistes et employeurs ont à nouveau campé sur leurs positions et ont argumenté durant de longues heures, pour finir avec les plaidoiries mardi en fin de journée.

La justice pénale s'est emparée de l'affaire car quatre syndicalistes impliqués dans le conflit sont accusés de violation de domicile et de diffamation. Les plaignants sont la Fondation de La Providence et le groupe de cliniques privées Genolier, qui a racheté l'hôpital.


 Des mots qui blessent

A travers leurs tracts et leurs sites internet, les syndicalistes ont rendu l'employeur méprisable estiment les plaignants. La Providence et Genolier ont notamment été accusés de "menacer" les travailleurs, de "faire régner la terreur " et de proposer "des conditions de travail dignes du XIXe siècle". Les dirigeants des deux entités ont relevé qu'ils avaient été blessés par ces propos, qu'il y avait un certain acharnement et que cela n'entrait plus du tout dans le cadre d'un conflit de travail. Leurs avocats demandent pour les quatre prévenus des peines de jours-amende avec sursis.

Ces tracts sont à remettre dans leur contexte répondent les syndicalistes, qui plaident non coupables. Pour leur avocat, plusieurs de ces termes ne sont pas diffamatoires et ceux qui pourraient l'être reflétaient la réalité. Il cite comme exemple le vote organisé par l'employeur pour savoir si le personnel soutenait le rachat de l'hôpital par Genolier. Les syndicats ont affirmé que ce scrutin était un "chantage", parce que les employés ne se voyaient pas proposer d'alternative crédible et que le délai pour parcourir les nombreux documents soumis était trop court. Il n'y a donc pas eu diffamation estime l'avocat, qui demande l'acquittement des quatre prévenus.


Un piquet de grève qui dérange

La Fondation de La Providence poursuit également les syndicalistes pour violation de domicile, car ils ont maintenu leur piquet de grève dans la cour de l'hôpital fin 2012. L'avocat du plaignant soutient que deux courriers ont été envoyés à l'avocat des syndicats pour les sommer de quitter les lieux, avant que la police n'intervienne. Il réclame également une peine de jours-amende avec sursis pour les quatre accusés.

Cette procédure pénale ne peut avoir lieu selon l'avocat des prévenus, car le piquet de grève a été installé sur des places de parc louées à des employés. Ce sont donc ces derniers qui auraient dû porter plainte. La défense a aussi tenu à rappeler le principe de liberté syndicale qui prévoit un piquet de grève fonctionnel, où le contact avec l'employeur et les employés est facilité.

La juge va prendre le temps d'examiner le dossier en profondeur. Elle a prévu de rendre son verdict en février ou en mars. /mvr

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