Washington « inquiet » du déploiement de missiles antiaériens russes

Washington

Photo: Keystone

L'annonce par la Russie qu'elle allait déployer des missiles antiaériens dernier cri sur sa base de Hmeimim en Syrie soulève 'de sérieuses inquiétudes' chez les militaires américains. Ces armes représentent une menace éventuelle pour les avions de la coalition.

Moscou a annoncé envoyer ces systèmes de défense antiaérienne S-400 sur sa base près de la cité balnéaire de Lattaquié (ouest de la Syrie). Les missiles S-400 ont une portée de 400 kilomètres.

'Il s'agit d'un système d'armement performant qui représente une menace significative pour tout le monde', a regretté un responsable militaire américain sous couvert d'anonymat. 'Nous avons de sérieuses inquiétudes sur les opérations aériennes en Syrie.'

Les Etats-Unis sont à la tête d'une coalition d'une soixantaine de pays qui a mené depuis plus d'un an environ 8000 frappes en Irak et en Syrie contre les djihadistes du groupe Etat islamique (EI). La Russie bombarde également depuis plusieurs semaines le groupe EI ainsi que les opposants au régime de Bachar al-Assad en Syrie, mais dans des zones différentes de celles visées par la coalition.

Russie et Etats-Unis se sont mis d'accord sur un minimum de coopération afin d'éviter tout risque d'accident entre pilotes des deux pays. Mais la perspective de voir des batteries de missiles antiaériens déployées en Syrie n'est pas faite pour rassurer le Pentagone.

De mystérieuses livraisons

Un autre responsable américain, qui s'exprimait également sous couvert d'anonymat, a toutefois estimé que les missiles russes ne devraient pas affecter les vols de la coalition: 'nous n'allons pas nous immiscer dans les opérations russes et ils ne vont pas perturber les nôtres'.

Ce responsable a aussi noté que la Russie avait livré plus de 30 chars T-90 et T-72 à Lattaquié. On ne sait toutefois pas s'ils seront utilisés par des forces russes ou s'ils seront mis à la disposition de l'armée syrienne.

L'annonce du déploiement des missiles S-400 intervient au moment où l'aviation turque a abattu mardi un chasseur-bombardier russe le long de la frontière syrienne. Ankara affirme qu'il se trouvait dans l'espace aérien turc, tandis que Moscou assure à l'inverse qu'il a été abattu dans le ciel syrien.

Convois humanitaires décimés

La Russie a repris mercredi ses bombardements, notamment près de la frontière turque. Dans la province d'Alep, au nord, des frappes vraisemblablement russes ont touché des camions transportant de l'aide humanitaire, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Un militant basé dans la région, Maamun Al-Khatieb, a précisé que ces bombardements avaient fait trois morts et six blessés, la plupart des chauffeurs de camions. Selon M. Khatieb et l'OSDH, la zone n'avait pas été visée par l'aviation russe et syrienne depuis un certain temps.

Un responsable américain a déclaré être 'au courant de rapports selon lesquels des véhicules transportant de l'aide humanitaire ont été touchés par une frappe aérienne aujourd'hui aux alentours de la ville d'Azaz'. Ce responsable a noté qu'aucun avion de la coalition n'avait volé dans cette zone dans les dernières 24 heures.

/ATS
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