Une explosion tue 56 personnes à Lahore au Pakistan

Pakistan: un attentat des talibans fait au moins 65 morts à Lahore

Photo: Keystone

Un attentat-suicide a fait au moins 65 morts et plusieurs dizaines de blessés dimanche près d'un jardin public de Lahore, au Pakistan. L'attaque a été revendiquée par les talibans de la faction Jamaat-ul-Ahrar qui précisent avoir 'ciblé les chrétiens'.

L'explosion s'est produite devant la grille d'entrée d'un parc et à quelques dizaines de mètres d'une zone de jeux pour enfants. 'La plupart des morts et des blessés sont des femmes et des enfants', a déclaré un responsable de la police, Mustansar Feroz.

'Les opérations de secours se poursuivent', a précisé en fin de soirée un haut responsable de la ville, Muhammad Usman, ajoutant que plus de 50 enfants avaient été blessés. 'Nous avons requis l'aide de l'armée. Des militaires ont atteint le site et aident pour les secours et la sécurité', a-t-il dit.

Le chef d'état-major de l'armée pakistanaise, le général Raheel Sharif, a indiqué avoir présidé une réunion de haut niveau afin de coordonner la réponse à cet 'attentat-suicide' et 'd'amener devant la justice les assassins de nos frères, soeurs et enfants'.

'Nous sommes à Lahore'

La responsabilité de l'attentat a été revendiquée par les talibans de la faction Jamaat-ul-Ahrar. 'Nous envoyons ce message au Premier ministre Nawaz Sharif pour lui dire que nous sommes entrés dans Lahore. Il peut faire ce qu'il veut mais il ne nous arrêtera pas. Nos kamikazes vont continuer ces attaques', a déclaré Ehsanullah Ehsan, porte-parole de la faction.

Le parc Gulshan-e-Iqbal est très populaire auprès des habitants de cette ville de huit millions d'habitants. Il était bondé en ce dimanche de printemps, alors que la communauté chrétienne célébrait le dimanche de Pâques.

'Plus de 200 blessés'

Les images des télévisions locales montrent des femmes et des enfants dans des mares de sang, pleurant et criant à l'extérieur du jardin. Des policiers et des passants évacuent des blessés en les portant dans leurs bras.

Un médecin, le Dr Ashraf, a décrit des scènes d'horreur à l'hôpital Jinnah où il opère. 'Jusqu'à présent nous avons reçu plus de 40 corps et plus de 200 blessés. La plupart sont dans un état critique. Je crains que le bilan ne s'aggrave', a-t-il dit. 'Nous les soignons par terre et dans les couloirs, et il continue d'en arriver', a-t-il ajouté.

Minorité chrétienne

Au cours des dernières années, des églises ont été la cible d'attaques à Lahore, fief du Premier ministre Nawaz Sharif dans la province du Pendjab. Au Pakistan, des groupes islamistes armés ciblent à l'occasion la minorité chrétienne qui représente environ 2% de la population de ce pays majoritairement musulman sunnite de 200 millions d'habitants.

Quelques chrétiens ont aussi été accusés d'avoir offensé l'islam, un crime passible jusqu'à la peine de mort au Pakistan selon une loi controversée sur le blasphème. En novembre 2014, un attentat-suicide des talibans à Wagah, poste frontière avec l'Inde situé à la sortie de Lahore, avait fait plus d'une cinquantaine de morts.

Manifestation à Rawalpindi

Par ailleurs, à Rawalpindi, la police a tiré dimanche des gaz lacrymogènes pour disperser environ 25'000 partisans de Mumtaz Qadri. Cet islamiste avait été exécuté le mois dernier pour avoir assassiné en 2011 le gouverneur du Pendjab Salman Taseer.

Mumtaz Qadri avait revendiqué ce meurtre affirmant vouloir venger l'islam de Salman Taseer, un homme politique progressiste qui avait pris la défense d'Asia Bibi, une chrétienne condamnée à mort pour blasphème.

La manifestation de Rawalpindi n'a pas été retransmise sur les chaînes d'information en continu. Les médias sont l'objet d'une censure croissante par l'Etat qui ne souhaite pas voir ce type de protestation prendre de l'ampleur dans le reste du pays.

/ATS
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