Syrie: Damas ne veut pas discuter du sort d'Assad à Genève

L'opposition commence à quitter Genève, laisse une équipe technique

Photo: Keystone

Les principaux responsables de l'opposition syrienne ont commencé à quitter Genève, après avoir suspendu leur participation aux négociations de paix sous l'égide de l'ONU. Ils n'y laissent qu'une équipe 'technique', selon le coordinateur de l'opposition, Riad Hijab.

'Certains collègues du HCN (Haut comité des négociations) sont partis hier, d'autres partent aujourd'hui ou vont quitter Genève d'ici à vendredi', a dit M. Hijab, précisant qu'il partait lui-même mardi.

L'opposition syrienne a annoncé lundi à l'émissaire spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, qu'elle suspendait sa participation 'formelle' aux pourparlers de paix pour protester contre la 'détérioration' de la situation en Syrie, mais qu'elle continuerait à prendre part à des discussions 'techniques'. 'Certains collègues, experts en questions juridiques, vont rester ici et rencontreront les experts de l'ONU à l'hôtel', a indiqué M. Hijab.

Le troisième round de négociations, qui a débuté le 13 avril, devrait s'achever vendredi.

Sort d'al-Assad pas abordé

Le régime syrien est prêt à discuter de la création d'un gouvernement de coalition avec l'opposition aux négociations de Genève, mais pas du sort du président Bachar al-Assad, a déclaré mardi le négociateur en chef de Damas.

L'ambassadeur syrien à l'ONU Bachar al-Jaafari, qui dirige la délégation du régime aux pourparlers de paix intersyriens, avait jusqu'à présent considéré que la question d'une 'transition politique' en Syrie était prématurée.

M. Jaafari a par ailleurs rejeté catégoriquement une proposition formulée par le médiateur de créer trois postes de vice-présidents choisis par l'opposition et de ne laisser au président Assad qu'un rôle protocolaire.

Soucieux de sauver un processus de paix menacé par les violations de la trêve et par le retrait partiel de l'opposition, M. De Mistura a annoncé qu'il allait tout de même continuer ses consultations avec les différents groupes venus à Genève.

Craintes de Hollande

Le président français François Hollande s'est alarmé mardi à Amman du blocage des négociations de paix sur la Syrie et de la reprise des combats, qui font craindre, selon lui, un nouvel afflux de réfugiés en Jordanie.

Barack Obama et Vladimir Poutine se sont eux entretenus de la rapide détérioration de la situation en Syrie. Le président américain a appelé son homologue russe à une coopération entre leurs pays afin de trouver une solution au conflit.

Pas gelées

Les négociations de paix de Genève sur la Syrie 'ne sont pas gelées' malgré le départ de représentants de l'opposition à Bachar al-Assad, a pour sa part déclaré mardi à Moscou le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

La décision du HCN, principale alliance de l'opposition syrienne, de suspendre sa participation aux négociations de paix est 'une erreur', a déclaré mardi Alexeï Borodavkine, ambassadeur de Russie auprès des Nations unies à Genève. Un règlement politique du conflit syrien ne peut être trouvé que par la négociation, a ajouté le diplomate russe, qui a souligné que cette suspension annoncée par le HCN ne signifiait cependant pas que le processus était rompu.

Le HCN, a-t-il poursuivi, semble manquer de vision politique concernant la période de transition en Syrie et paraît incapable de conclure un accord.

Raids sanglants

Sur le terrain, le conflit continue. A moins 44 civils ont été tués mardi dans des frappes vraisemblablement menées par l'armée de l'air syrienne sur deux marchés dans la province d'Idleb (nord-ouest), contrôlée par la branche d'Al-Qaïda, selon un nouveau bilan d'une ONG.

/ATS
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