Sept soldats ukrainiens tués dans l'Est, Kiev craint une escalade

Sept soldats ukrainiens tués dans l'Est, Kiev craint une escalade

Photo: Keystone

Sept soldats ukrainiens ont été tués lundi dans l'Est séparatiste prorusse de l'Ukraine. Kiev, qui redoute une escalade, affirme y combattre l'équivalent d'une armée d'un 'pays européen moyen' appuyée par 550 chars et des troupes régulières russes.

Les militaires ont péri lorsque leur véhicule a sauté sur une mine antichar à Krasnogorivka à 20 km à l'ouest de Donetsk, fief des séparatistes prorusses, a annoncé à l'AFP Evguen Silkine, porte-parole militaire du secteur. Il a ajouté que les routes dans ce secteur étaient minées par les séparatistes.

Le drame s'est produit non loin de Mariinka, ville sous contrôle des forces gouvernementales. Cette cité a été la semaine dernière le théâtre d'affrontements meurtriers. Les combats ont repris lundi.

Le porte-parole militaire ukrainien, Andriï Lyssenko, a dit craindre une intensification des combats. Il a expliqué que les rebelles disposaient de blindés et de pièces d'artillerie à l'endroit d'où provenaient lundi matin des tirs de mortiers contre les positions ukrainiennes. 'Nous sommes prêts à riposter', a-t-il assuré.

Victimes civiles attendues

Les tirs des rebelles ont touché les quartiers habités de Mariinka, selon un autre porte-parole ukrainien, Anton Mironovitch. 'Le nombre des victimes civiles est en train d'être déterminé', a-t-il précisé.

Pour le ministre ukrainien de la Défense Stépan Poltorak, l'offensive des séparatistes sur Mariinka 'constitue une menace' pour les accords de paix signés à Minsk en février 'pour la première fois depuis la bataille de Debaltseve'. Cette ville est un noeud stratégique à mi-chemin entre les capitales rebelles de Donetsk et de Lougansk aujourd'hui sous contrôle des prorusses.

Signe de difficultés croissantes sur le front politique, la représentante de l'OSCE au sein du groupe de contact pour l'Ukraine, Heidi Tagliavini, a démissionné la semaine dernière après l'échec d'un nouveau cycle de pourparlers le 2 juin à Minsk. Une réunion destinée à faire avancer les accords de paix avait alors été ajournée, Kiev accusant la Russie de 'saper les pourparlers'.

Lourde présence

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a pour sa part affirmé que Kiev s'était livré à des 'provocations' à l'occasion du sommet du G7 afin de pousser les Occidentaux à 'maintenir leurs sanctions' contre la Russie.

Les dirigeants des sept pays (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne, France, Canada, Italie, Japon) réunis en Bavière sont à cet égard prêts à aller plus loin et à 'renforcer' les mesures prises contre Moscou 'si nécessaire', a affirmé lundi la chancelière allemande Angela Merkel au cours la conférence de clôture de ce sommet.

A Kiev, le ministre ukrainien de la Défense a encore accusé la Russie d'être 'le principal organisateur et parrain du conflit'. M. Poltorak a affirmé, lors d'une réunion du Conseil interparlementaire Ukraine-Otan, que près de 10'000 membres des troupes russes combattaient aux côtés des 33'000 rebelles, assurant que ces forces disposaient de 558 chars et de nombreuses pièces d'artillerie.

Moscou nie toujours

Depuis des mois, Kiev et les Occidentaux accusent la Russie d'armer les séparatistes et d'avoir déployé des troupes régulières.

Malgré la multiplication des preuves sur la participation de soldats russes, la Russie dément toute implication dans le conflit qui a fait plus de 6400 morts depuis avril 2014. Moscou ne concède que la présence de 'volontaires' russes partis de leur propre gré soutenir les combattants séparatistes.

/ATS
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