Raids aériens en Syrie après l'enlèvement de centaines d'Assyriens

Raids aériens en Syrie après l'enlèvement de centaines d'Assyriens

Photo: Keystone

La coalition internationale a bombardé jeudi un secteur du nord-est de la Syrie où l'Etat islamique (EI) a enlevé récemment plusieurs dizaines de chrétiens assyriens. Les djihadistes contrôleraient dix villages dans cette zone.

Les raids aériens ont été menés dans la région de Tel Tamr, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), proche de l'opposition au régime de Bachar al-Assad. Un dignitaire assyrien, Ablahd Kourieh, avait appelé la coalition à intervenir pour repousser l'EI.

Selon lui, entre 350 et 400 chrétiens ont été enlevés par les combattants djihadistes. De son côté, l'OSDH a affirmé que '220 Assyriens avaient été enlevés dans onze villages au cours des trois derniers jours' dans la province de Hassaké, frontalière de la Turquie et de l'Irak.

'Des négociations ont lieu par l'entremise de médiateurs de tribus arabes et une figure de la communauté assyrienne afin d'obtenir la libération des otages', précise l'OSDH.

Double offensive en cours

Les miliciens kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) ont lancé dimanche une double offensive contre l'EI dans la région, avec le soutien de peshmergas irakiens et l'appui aérien de la coalition. Selon l'OSDH, 17 combattants, 14 kurdes et trois Assyriens, ont été tués dans les combats des trois derniers jours.

Oussama Edward, directeur du Réseau assyrien des droits de l'Homme basé en Suède, a accusé mercredi les djihadistes d'avoir 'pris ces otages pour en faire des boucliers humains'. Il affirme aussi que le groupe tentera d'échanger ses otages contre des prisonniers djihadistes aux mains des Kurdes.

L'Etat islamique vise fréquemment les minorités religieuses mais aussi les sunnites qui refusent de prêter allégeance au 'califat' et utilise parfois ses captifs pour les échanger contre ses combattants.

Propagande en ligne

Le groupe djihadiste sunnite a lancé jeudi sur le web une 'campagne internationale' de soutien à son califat. 'Frères, rejoignez-nous dans cette campagne et participez au combat contre les opérations que les mécréants lancent pour nous stopper', écrit l'EI dans son appel.

Selon une source médicale, un raid a tué 17 combattants de l'EI et neuf civils près de la ville irakienne d'Al-Qaïm, à la frontière syrienne. La chaîne arabophone Al-Arabia Al Hadath rapporte, citant des sources anonymes, que le calife autoproclamé de l'EI Abou Bakr al Baghdadi se trouvait sur place, mais cette information n'a pas pu être confirmée.

Kobané jonchée de mines

La ville de Kobané, reprise par les forces kurdes aux djihadistes fin janvier, est jonchée de mines, engins non explosés et pièges mortels. Alors que les réfugiés commencent à rentrer, il est urgent de déminer la région, a plaidé jeudi l'Appel de Genève.

'Les stocks accumulés à Kobané sont impressionnants. La région est infestée de restes explosifs de guerre', a déclaré à la presse la présidente de l'Appel de Genève, Elisabeth Decrey Warner. Selon les témoignages recueillis auprès des forces kurdes syriennes, ces engins ont déjà fait dix morts et 20 blessés parmi les civils.

Dix mille réfugiés kurdes sont rentrés jusqu'ici, et 200'000 autres attendent en Turquie de retrouver leurs maisons en ville et dans les 400 villages environnants.

'C'est très dangereux. Il y a urgence', a affirmé Mehmet Balci, directeur de l'Appel de Genève pour le Moyen-Orient. Les gens vont rentrer dans leur village pour cultiver leurs champs au printemps et les risques d'accidents vont se multiplier, a-t-il averti.

Les combattants kurdes des Unités de protection du peuple n'ont ni les experts, ni les ressources pour déminer Kobané.

/ATS
Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.