Première crise à Podemos où l'un des fondateurs démissionne

Première crise à Podemos où l'un des fondateurs démissionne

Photo: Keystone

Le jeune parti antilibéral Podemos a connu sa première grande crise jeudi à l'approche d'élections-clefs. Juan Carlos Monedero, 52 ans, cofondateur et numéro trois du parti, ex-conseiller politique du président vénézuélien Hugo Chavez, a annoncé qu'il démissionnait.

Et ce, au moment où le parti, qui a connu une ascension fulgurante depuis sa naissance en 2014, est en perte de vitesse dans les intentions de vote aux législatives prévues en novembre. Il est concurrencé par un autre jeune parti, le centriste Ciutadanos.

'J'ai présenté à mon ami Pablo ma démission de la direction', a écrit jeudi Juan Carlos Monedero sur son compte Twitter, faisant référence au chef de Podemos Pablo Iglesias. Pilier de l'aile gauche du parti, Juan Carlos Monedero a estimé que 'Podemos doit cesser de se regarder dans des miroirs qui ne sont pas les siens'.

'Le cerveau politique de Podemos s'en va', a analysé Ramon Lobo, auteur d'un livre paru récemment sur Juan Carlos Monedero.

Il y a un an, en mai 2014, Podemos, issu en partie du mouvement des indignés et créé seulement cinq mois plus tôt, avait réussi contre toute attente à faire entrer cinq députés au Parlement européen. Depuis fin 2014, il était régulièrement en 1ère ou 2e position dans les sondages, menaçant le Parti populaire (droite) et le Parti socialiste, qui se partagent le pouvoir depuis plus de 30 ans.

Il promettait la fin des souffrances pour les Espagnols victimes d'un des plus forts taux de chômage d'Europe (23,7%), écrasés selon Podemos par la 'caste' et humiliés par une cure d'austérité. De quoi faire sonner toutes les alarmes.

'Position défensive'

La presse proche du PP ou du PSOE s'est alors déchaînée contre ce jeune allié de Syriza, redoublant ses efforts après l'arrivée du parti grec au pouvoir en janvier. Les attaques ont porté sur les liens entre les dirigeants du parti et la gauche latino-américaine, dont le Venezuela, avant de se concentrer sur M. Monedero, qui a admis des missions de conseil latino-américaines très bien payées.

Mais le parti fondé par un petit groupe de professeurs de Sciences Politiques d'une université madrilène, dont certains très proches de l'extrême gauche, s'est peu a peu trouvé 'dans une position défensive', estime Ramon Lobo. 'Il y a des tensions au sein de Podemos, et pas seulement dans sa direction', a expliqué M. Mondenero jeudi matin dans un entretien à la radio en ligne Cable.

'Deux âmes'

Pablo Iglesias a confirmé des divergences et M. Monedero a dépeint un parti qui a grandi trop vite et semble encore se chercher.

'Depuis la naissance de Podemos, il a deux âmes: l'âme d'où il vient, celle du 15 M (les indignés) et sa propre conversion en parti politique se situant dans une orbite institutionnelle, avec une série de règles', a-t-il expliqué. Il y a 'des gens plus modérés, et des personnes qui veulent s'en tenir aux origines'.

Le départ de Monedero intervient alors que ses ennemis commençaient déjà à comparer Podemos au Mouvement Cinq étoiles de Beppe Grillo en Italie. Ramon Lobo lui veut croire que ce parti peut encore 'bouleverser' la politique espagnole, ne serait-ce qu'en menaçant le bipartisme avec une cinquantaine de députés.

/ATS
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