Pour rester au sein de l'UE, les Britanniques devront voter « oui »

Pour rester au sein de l'UE, les Britanniques devront voter

Photo: Keystone

'Le Royaume-Uni doit-il rester membre de l'UE?'. Telle est la question à laquelle les Britanniques devront répondre par 'oui' ou par 'non' lors d'un référendum qui se tiendra d'ici fin 2017, a annoncé jeudi le gouvernement conservateur.

Cette formulation positive place les europhiles dans le camp du 'oui'. Elle figure dans le projet de loi détaillant les modalités de la consultation, qui est présenté au Parlement britannique jeudi, au lendemain de l'ouverture de la session parlementaire.

'L'introduction du projet de loi sur le référendum sur l'UE est un pas concret vers le règlement du débat sur l'adhésion du Royaume-Uni de l'UE', a fait valoir une source proche du Premier ministre David Cameron. La consultation se tiendra au plus tard fin 2017 mais pourrait être organisée dès l'année prochaine.

C'est 'la première fois depuis quarante ans que le peuple britannique a son mot à dire sur notre place dans l'UE', a souligné la même source. Le dernier et seul référendum sur la question de l'appartenance du Royaume-Uni au bloc européen remonte à 1975.

Promesse de campagne

L'électorat sera pratiquement le même que pour les élections législatives, c'est-à-dire composé des citoyens britanniques et des citoyens irlandais et du Commonwealth résidents au Royaume-Uni, tous âgés de plus de 18 ans. Contrairement à la pratique aux législatives, les membres de la chambre des Lords pourront voter.

Par contre, les ressortissants de l'UE, autorisés à voter lors des élections locales, ne pourront pas s'exprimer.

En faisant de ce projet de loi le premier de son nouveau gouvernement, David Cameron montre sa volonté d'avancer rapidement sur ce dossier. Il s'agissait de l'une de ses principales promesses de campagne pour les législatives du 7 mai, qu'il a remportées avec une courte majorité absolue.

Critiques de l'Ukip

Nigel Farage, chef de file du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (Ukip), a dénoncé la formulation choisie pour le référendum.

'Le fait que Cameron choisisse de donner au camp pro-UE le vote positif 'oui' indique fortement que ses négociations ne sont que du flanc', a-t-il réagi dans un communiqué. 'Il a d'ores et déjà décidé le sens de la réponse qu'il souhaite, sans que la moindre prérogative soit rapatriée.'

Une source au sein du cabinet de David Cameron a souligné la clarté de la question. 'Ce sera aux électeurs de décider de rester ou de partir', a dit cette source.

Pour le référendum sur l'indépendance de l'Ecosse en septembre, la campagne des partisans du maintien au sein du Royaume-Uni a été généralement perçue comme trop négative, notamment car la formulation de la question les amenait à appeler à voter 'non'. Lequel a finalement été victorieux.

Tournée européenne

Favorable au maintien de son pays dans une union réformée, le Premier ministre britannique compte d'abord tenter de renégocier certains aspects de l'adhésion du Royaume-Uni à l'UE. Il aspire notamment à rapatrier certains pouvoirs au nom de la souveraineté du Parlement britannique et à durcir les conditions d'accès aux aides sociales pour les ressortissants de l'UE.

Pour défendre ses projets de réforme de l'UE, David Cameron entame une tournée des capitales européennes, commençant dès jeudi par un déjeuner avec le Premier ministre néerlandais Mark Rutte et un dîner à l'Elysée avec le Président français François Hollande.

Vendredi, il doit se rendre à Varsovie pour rencontrer la Première ministre polonaise Ewa Kopacz, puis à Berlin, pour voir la chancelière allemande Angela Merkel. Cameron compte s'entretenir avec l'ensemble de ses 27 partenaires européens avant le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des 25 et 26 juin à Bruxelles.

/ATS
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