Podemos veut gouverner avec les socialistes en Espagne

Podemos veut gouverner avec les socialistes en Espagne

Photo: Keystone

Le chef du parti de gauche radicale espagnole Podemos Pablo Iglesias a proposé vendredi de former un gouvernement avec le Parti socialiste. Ces déclarations rapprochent la gauche du pouvoir en Espagne après les élections du 20 décembre.

Pablo Iglesias a annoncé à la presse avoir fait part au roi de la volonté de son parti 'de former un gouvernement avec le Parti socialiste et Izquierda unida (Gauche unie, écolo-communistes)'. Le dirigeant de la formation anti-austérité a ajouté qu'il briguait la vice-présidence du gouvernement.

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Sa proposition a été reçue avec une certaine prudence par le secrétaire général du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), Pedro Sanchez. Il a souligné qu'il fallait d'abord parler de 'programme' et de 'politiques'.

L'homme a cependant convenu qu'ils devaient tenter de s'accorder. 'Ni les électeurs de Podemos ni les socialistes ne comprendraient que nous ne nous entendions pas', a dit M. Sanchez.

Pablo Iglesias n'avait jusque-là pas livré clairement sa position. Sa décision pourrait dégager le terrain pour l'arrivée au pouvoir d'une alliance des gauches, à l'image de celle qui gouverne au Portugal depuis novembre.

Position revue

L'offre de Podemos semble d'autant plus réalisable que le parti n'a plus présenté comme indispensable l'organisation d'un référendum d'autodétermination en Catalogne. Les socialistes avaient catégoriquement rejeté cette proposition.

M. Iglesias - professeur de sciences politiques de 37 ans, devenu député - s'est dit favorable 'à la défense de l'unité' du pays 'avec le préalable de la plurinationalité'. Il souhaite une réforme constitutionnelle qui en tienne compte.

Nouveau ministère

Comme condition à l'alliance avec les socialistes, Pablo Iglesias a exigé l'entrée au gouvernement de son parti et d'Izquierda unida. Il a aussi demandé l'accès à des postes clefs, comme les Affaires étrangères, ou un nouveau ministère des 'plurinationalités'.

Il a, par ailleurs, appelé à l'adoption urgente de mesures sociales, notamment pour freiner les expulsions de logements de particuliers surendettés et prendre en charge les très nombreux chômeurs en fin de droits. Il a également souhaité des instruments de lutte contre la corruption ainsi qu'une réforme de la justice et du système électoral.

Pablo Iglesias a précisé que s'il était au gouvernement, l'Espagne honorerait sa dette. Mais qu'il faudrait 'réduire le déficit à un rythme plus lent'.

Batailles en coulisses

MM. Iglesias et Sanchez se sont entretenus séparément vendredi avec le roi Felipe VI dans le cadre des consultations menées par le monarque et chef de l'Etat, préalables à la désignation d'un candidat pour former un gouvernement. Le roi devrait rencontrer dans la soirée Mariano Rajoy puis clore les consultations.

En principe, M. Rajoy pouvait espérer être désigné, en tant que chef du parti ayant recueilli le plus de voix. Mais il n'existe pas de règle en la matière.

M. Sanchez a insisté vendredi sur la nécessité que M. Rajoy tente sa chance en premier, afin de respecter les 'procédures'.

Des élus du PP suggèrent, cependant, de ne pas suivre la 'partition prévue par Sanchez' qui voudrait, selon eux, que M. Rajoy et son parti essuient une humiliation au parlement. Le parti de M. Sanchez pourrait alors se présenter comme 'la seule alternative', a indiqué l'un de ces élus à l'agence de presse afp, sous couvert de l'anonymat.

M. Rajoy devrait dans ce cas demander au roi de ne pas le désigner. Le Palais n'a pas précisé quand le roi annoncerait son choix.

/ATS
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