Paris et Berlin affichent leur désaccord sur le référendum grec

Tsipras maintient l'appel au non et les Européens sont attentistes

Photo: Keystone

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a maintenu mercredi son appel à dire non aux créanciers de son pays lors d'un référendum dimanche. Les Européens ont répondu en excluant toute négociation sur un nouveau plan d'aide d'ici ce vote.

Les ministres sont tombés d'accord pour attendre le résultat du référendum prévu dimanche sur les propositions des créanciers de la Grèce, Union européenne et FMI, avant de poursuivre les discussions sur un troisième plan d'assistance financière demandé par le pays, en défaut de paiement depuis mardi soir.

L'Eurogroupe s'est aligné sur la position la plus ferme, celle de Berlin, qui refuse toute discussion avant le référendum. Mercredi, la chancelière Angela Merkel a estimé qu'il n'était pas question de chercher 'un compromis à tout prix'.

Appel par Tsipras

'Nous ne voyons pas de base pour poursuivre les discussions à ce stade', a affirmé le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem.

Dans ce climat de blocage total, où certains parmi les négociateurs ne cachent plus leur exaspération, Alexis Tsipras s'est lui adressé à son pays dans un message à la télévision.

'Le non ne signifie pas une rupture avec l'Europe, mais le retour à l'Europe des valeurs; le non signifie une forte pression' pour continuer les négociations, a affirmé le Premier ministre, à la tête d'un gouvernement de gauche radicale hostile aux mesures d'austérité réclamées par les créanciers de la Grèce.

Accord attendu

'On vous fait du chantage en vous pressant de voter oui à toutes les mesures des institutions, sans aucune solution pour sortir de la crise', a-t-il dit à l'adresse de ses électeurs. Le ministre des Finances Yanis Varoufakis a ensuite indiqué que l'objectif du gouvernement est d'arriver à un accord lundi avec les créanciers.

Le gouvernement grec s'était dit prêt dans la nuit de mardi à mercredi à accepter les réformes exigées d'Athènes, mais en posant de nouvelles conditions et en demandant des aménagements.

En échange, la Grèce demande une nouvelle aide financière sur deux ans permettant de couvrir ses besoins, soit environ 30 milliards d'euros, tout en restructurant sa dette.

Division au sein de l'UE

Le deuxième plan a expiré mardi faute d'accord, en même temps que la Grèce faisait défaut sur un remboursement de 1,5 milliard d'euros au FMI. Elle est devenue le premier pays industrialisé à faire défaut vis-à-vis de l'institution, qui essuie le plus grand impayé de son histoire.

Le ministre allemand Wolfgang Schäuble a appelé Athènes à 'clarifier ses positions', rejetant à l'heure actuelle toute 'base pour discuter de mesures sérieuses'.

Le président français François Hollande a jugé au contraire que la conclusion d'un accord ne pouvait être reportée.

Désormais, seule la BCE assure la survie financière du pays en soutenant à bout de bras ses banques. Et le Conseil des gouverneurs a décidé mercredi de maintenir inchangé le plafond de l'aide d'urgence pour les banques grecques à court d'argent frais et prises d'assaut par les Grecs.

/ATS
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