Ouganda: les bureaux de vote ouvrent avec du retard à Kampala

Les élections prennent du retard en Ouganda

Photo: Keystone

L'élection présidentielle en Ouganda était perturbée jeudi à Kampala par de gros retards. La police a dû disperser aux gaz lacrymogènes des électeurs mécontents de ne pas pouvoir voter. Et un candidat de l'opposition a été arrêté avant d'être rapidement relâché.

Le principal candidat de l'opposition à l'élection présidentielle, Kizza Besigye, a été arrêté, en fin d'après-midi, par la police, a déclaré un haut responsable de son parti. Il a été remis en liberté peu après, selon son avocat. 'Il a été libéré sans être inculpé et ramené chez lui', a expliqué Ladislaus Rwakafuzi.

'Il était dans sa circonscription, où il a voté, quand il a reçu des informations selon lesquelles il y avait un centre illégal de décompte des voix géré par le NRM (le parti au pouvoir) et la police', a expliqué Shawn Mubiru, du Forum pour le changement démocratique (FDC).

'Il est entré et a vu des bulletins de vote pré-remplis. Ils l'ont arrêté et l'ont emmené dans un endroit inconnu', a-t-il ajouté.

C'est la deuxième fois cette semaine que M. Besigye est arrêté par la police. Il avait été brièvement interpellé lundi alors qu'il tentait de faire campagne dans le centre de Kampala. La police avait dispersé sans ménagement ses sympathisants.

Possibles fraudes

La foule dispersée aux gaz lacrymogènes a accusé Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 30 ans, de vouloir obtenir sa réélection par tous les moyens. En raison de ces retards, les bureaux de vote de Kampala et Wakiso (un district au nord de la capitale) resteront ouverts jusqu'à 19h00 (20h00 en Suisse) et non 16h00, fin officielle du scrutin.

Dans le pays, 28'000 bureaux de vote sont à disposition de la population. Des files d'attente se sont formées devant nombre d'entre eux car le matériel électoral n'avait pas été livré à temps. La commission électorale ougandaise avait pourtant affirmé la veille que tout était prêt pour le vote.

Dans le quartier de Ggaba, dans le sud de Kampala réputée favorable à l'opposition, la police a tiré en début d'après-midi des gaz lacrymogènes. Elle a agi ainsi pour disperser la foule, furieuse de n'avoir pu voter et qui s'inquiétait de possibles fraudes.

Foule hostile

Après une longue attente, les bulletins de vote sont finalement arrivés, mais ils ne concernaient que les élections législatives et pas la présidentielle. Face à l'hostilité de la foule, la police a fermé le bureau, sans que personne n'ait voté.

A Kabalagala, un quartier populaire du sud-est de Kampala, les urnes étaient arrivées avec du retard, mais les bulletins de vote n'étaient toujours pas disponibles en fin de matinée, a constaté une journaliste de l'AFP. Agacés, les électeurs y ont cassé des tables en les lançant vers la police.

Acte de 'censure'

L'accès à Internet était inhabituellement difficile à Kampala, où de nombreuses personnes se plaignaient d'avoir du mal à accéder aux réseaux sociaux, comme Facebook et WhatsApp.

La Commission des communications, l'organe gouvernemental qui régule le secteur, a justifié ce blocage par des 'raisons de sécurité', sans plus de détail. Amnesty international a dénoncé dans un communiqué un acte de 'censure'.

Résultats d'ici samedi

Quelque 15 millions d'Ougandais sont attendus aux urnes pour élire leurs 290 députés et leur président. Le sortant Yoweri Museveni, 71 ans et au pouvoir depuis 30 ans, est une nouvelle fois favori face à une opposition divisée.

Les sondages pronostiquent une victoire dès le premier tour - avec 51% des voix - du chef de l'Etat, encore très populaire dans les campagnes. Il bénéficie surtout de la puissance financière et du savoir-faire électoral de son parti, le Mouvement de résistance nationale (NRM).

M. Museveni, en quête d'un cinquième mandat de cinq ans, a pour principal rival son opposant historique, Kizza Besigye, battu au premier tour lors des trois derniers scrutins (2001, 2006, 2011). Les résultats des élections devraient être officialisés dans les 48 heures.

/ATS
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