Mort d'Arafat: non-lieu dans l'enquête pour assassinat en France

Mort d'Arafat: non-lieu dans l'enquête pour assassinat en France

Photo: Keystone

Les juges français chargés de l'enquête sur la mort de l'ancien dirigeant palestinien Yasser Arafat ont rendu mardi une ordonnance de non-lieu, a indiqué mercredi la justice. La décision est conforme aux réquisitions du parquet de Nanterre (ouest de Paris).

Les trois juges ont ordonné un non-lieu 'faute de preuves suffisantes' pour déterminer s'il s'agit d'un assassinat, a indiqué le parquet de Nanterre. Les magistrats français étaient saisis de cette enquête depuis le 28 août 2012 après une plainte contre X déposée par la veuve d'Arafat, Souha, à la suite de la découverte de polonium 210 sur des effets personnels de son mari, décédé en 2004 dans un hôpital militaire près de Paris.

'Bien entendu, nous allons faire appel', a déclaré à Reuters Francis Szpiner, avocat de Souha Arafat. Il a évoqué un non-lieu 'programmé depuis longtemps'.

Yasser Arafat est mort à l'âge de 75 ans après une courte et mystérieuse maladie le 11 novembre 2004 à l'hôpital militaire de Percy, à Clamart (Hauts-de-Seine). Aucune autopsie n'a été pratiquée à l'époque, et les médecins français qui l'ont soigné se sont déclarés incapables de déterminer la cause du décès.

Trois enquêtes, dont celle en Suisse

Les experts mandatés par les juges d'instruction français ont écarté à plusieurs reprises la thèse d'un empoisonnement au polonium 210. Plusieurs demandes d'actes supplémentaires déposées par Souha Arafat ont été rejetées. Celle-ci s'était dite 'bouleversée' par les conclusions françaises, qui divergaient de celles annoncées par des experts suisses.

Une soixantaine d'échantillons au total avaient été répartis à l'époque pour analyse entre trois équipes d'enquêteurs suisses, français et russes, chacune effectuant son travail individuellement, sans contact avec les autres.

Début novembre 2013, le directeur du Centre universitaire romand de médecine légale (CURML) Patrice Mangin avait indiqué que le rapport suisse soutenait 'raisonnablement' que le décès de Yasser Arafat a été la conséquence d'un empoisonnement au polonium 210. Son équipe avait mesuré des quantités de polonium jusqu'à 20 fois supérieures à ce qu'ils ont l'habitude de trouver.

Le rapport français évoquait certes des niveaux de polonium 210 similaires à ceux trouvés par la Suisse. Mais les experts de l'Hexagone l'expliquaient par la présence de gaz radon dans la tombe où était enterré Yasser Arafat. L'expertise russe avait elle conclu à l'impossibilité d'établir si le polonium est la cause du décès.

/ATS
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