Manifestation géante à Istanbul contre le putsch manqué

Manifestation géante à Istanbul contre le putsch manqué

Photo: Keystone

Le président Recep Tayyip Erdogan a annoncé dimanche qu'il approuverait le rétablissement de la peine de mort si le Parlement le vote. Il s'est exprimé devant plus d'un million de Turcs rassemblés à son appel à Istanbul pour dénoncer le putsch manqué du 15 juillet.

Il a également déclaré que le réseau du prédicateur Fethullah Gülen, qui vit en exil aux Etats-Unis depuis 1999, devait être anéanti dans le cadre de la loi. Ankara accuse Gülen d'avoir orchestré la tentative de coup d'Etat.

Ce 'rassemblement de la démocratie et des martyrs', sur la grande esplanade de Yenikapi, au bord de la mer de Marmara, parachevait trois semaines de manifestations nocturnes des partisans du chef de l'Etat sur les places de nombreuses villes du pays.

L'événement, organisé face aux critiques occidentales contre la répression massive menée par le pouvoir turc depuis la tentative de coup d'Etat, était retransmis en direct sur des écrans géants dans d'autres rassemblements organisés dans les 81 provinces du pays.

Une nouvelle Turquie

A la même tribune, le Premier ministre, Binali Yildirim, a promis que Fethullah Gülen serait traduit devant la justice turque et qu'il paierait le prix de cette tentative de putsch. 'Que chacun d'entre vous le sache: le chef de ce groupe terroriste reviendra en Turquie et paiera pour ce qu'il a fait', a-t-il dit.

Les autorités turques ont transmis une demande d'extradition aux Etats-Unis. Ancien allié du président turc, Gülen dément toute implication dans le putsch.

Les dirigeants de deux partis d'opposition - le Parti républicain du peuple (CHP) et le Parti de l'action nationaliste (MHP) - avaient été invités à prononcer un discours lors de ce rassemblement géant.

Union nationale

La brutalité du putsch avorté, qui a fait plus de 230 morts, a choqué un pays où la dernière tentative de coup d'Etat remontait à 1980.

Même les adversaires d'Erdogan, qui dénoncent son autoritarisme, préfèrent le voir se maintenir à la présidence que de connaître un nouveau coup d'Etat, comme ceux qui ont rythmé l'histoire du pays dans la seconde moitié du XXe siècle.

L'union nationale pourrait toutefois ne pas durer.

Peine de mort

L'opposition s'interroge déjà sur le fait de savoir si la restructuration en cours de l'armée, qui se fait sans droit de regard du parlement, ne va pas trop loin. Des milliers de militaires, dont 40% de généraux, ont été démis de leurs fonctions.

Au total, plus de 60'000 militaires, magistrats, fonctionnaires ou enseignants ont été interpellés, suspendus ou font l'objet d'enquêtes judiciaires, au cours de ces purges de masse critiquées par les pays occidentaux.

Les Européens ont fait d'un rétablissement de la peine de mort un motif d'interruption des négociations en vue d'une éventuelle d'adhésion de la Turquie à l'UE.

/ATS
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