Les discussions de Genève devraient débuter vendredi

Les discussions sur la Syrie devraient débuter vendredi à Genève

Photo: Keystone

Les pourparlers indirects sur la Syrie doivent débuter vendredi à Genève, quatre jours après le calendrier prévu et deux ans après Genève II, a dit lundi l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura. Cause du retard, la liste des délégations reste l'objet de consultations.

'Les invitations seront envoyées mardi', a indiqué devant la presse à Genève M. de Mistura. La première vague de discussions indirectes sans condition préalable doit durer deux à trois semaines. Elles doivent intégrer le régime et l'opposition. Des femmes et des représentants de la société civile figureront parmi les interlocuteurs.

Après les premières discussions, les parties auront ensuite le temps de mener des consultations. Et ce processus doit s'enchaîner jusqu'à ce que les conditions d'échanges directs soient réunies, pour une durée de six mois au maximum.

La priorité sera d'établir un large cessez-le-feu et de mettre un terme à la menace de l'Etat islamique (EI). 'Ce que veulent entendre la plupart sinon tous les Syriens'. 'Chaque jour perdu est un jour perdu pour un cessez-le-feu et l'aide humanitaire', a souligné l'émissaire de l'ONU sur la Syrie. 'Le temps est venu de produire au moins un résultat', selon lui.

Demande américano-russe

Pour le reste, le cadre est fixé par les autres éléments de la résolution adoptée en décembre par le Conseil de sécurité. Elle prévoit un gouvernement de transition dans les six mois et des élections dans les 18 mois. Mais il faut démarrer avec un 'certain type de compréhension commune minimale'.

Les négociations devaient débuter lundi. Mais la constitution de la liste des délégations a retardé le processus, a reconnu M. de Mistura. 'Il y a différentes opinions et différentes positions. Cela a été l'impasse', a-t-il dit.

Et les 'Syriens ne méritent pas, Genève ne mérite pas' une répétition de l'échec de Genève II en 2014, la dernière fois où régime et opposition se sont retrouvés autour d'une table, d'où le décalage pour organiser la réunion. 'Les discussions continuent' au sujet de la composition de la délégation de l'opposition, a dit M. de Mistura.

Il s'est exprimé alors que le secrétaire d'Etat américain John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov ont demandé lundi à l'ONU de fixer une date pour les pourparlers. L'opposition a elle annoncé qu'elle allait se réunir mardi à Ryad pour décider si elle participe ou non aux discussions.

Au moins 23 tués

M. de Mistura a dit espérer que le calendrier fixé permette de débloquer la situation lors de cette rencontre, où les représentants de l'opposition vont sentir qu''il y a urgence'. L'opposition a à plusieurs reprises demandé la fin des bombardements russes et la levée des 15 sièges en Syrie avant d'entamer les discussions. Elle a aussi dénoncé des pressions du secrétaire d'Etat américain John Kerry.

Parmi les points de divergence, la nomination comme négociateur en chef de Mohamed Allouche, membre du bureau politique du groupe armé rebelle Djaich al-Islam. Cette mesure avait été critiquée par les opposants syriens de l'intérieur, alors que la Russie, pays allié de la Syrie, a qualifié ce groupe de 'terroriste'.

M. de Mistura n'a pas souhaité donner davantage de détails sur qui pourrait être exclu, en dehors de l'EI et du Front al-Nosra, ni sur qui serait invité.

Sur le terrain, au moins 23 personnes, la plupart des combattants du groupe rebelle islamiste Ahrar al-Cham, ont été tués lundi dans un attentat au camion piégé dans la ville d'Alep, dans le nord de la Syrie, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), proche des rebelles. L'armée a progressé ces derniers jours de son côté.

/ATS
Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.