Les crispations turque et russe grandissent autour du sort des civils d'Alep

Les crispations turque et russe grandissent autour du sort des civils d'Alep

Photo: Keystone

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a qualifié mercredi d''hypocrites' les appels à ouvrir la frontière de son pays aux milliers de civils ayant fui Alep. Sur le plan diplomatique, les critiques se multiplient autour du soutien militaire de Moscou.

'Je trouve que c'est hypocrite que certains disent à la Turquie 'ouvrez vos frontières' alors que parallèlement, ils ne disent pas à la Russie qu''assez, c'est assez'', a-t-il affirmé lors d'une visite à La Haye pour rencontrer son homologue néerlandais Mark Rutte.

'Nous laisserons entrer les Syriens qui souhaitent venir, mais notre priorité est de bâtir un nouveau camp afin d'accueillir des Syriens sur le territoire syrien', a souligné le Premier ministre turc.

'Sang, carnage et ruines'

L'offensive des forces pro-régime appuyées par les Russes a tué 506 personnes en 10 jours dans la province d'Alep, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. L'OSDH détaille qu'il s'agit d'au moins 143 combattants du régime, 274 rebelles et djihadistes étrangers ainsi que de 89 civils. Il mentionne aussi la mort de 23 enfants lors des raids russes.

Mercredi, les combats faisaient rage dans une localité de Tamoura au nord de la ville d'Alep, chef-lieu de la province du même nom, tandis que l'aviation russe pilonnait intensément plusieurs autres bourgs dans la même zone.

Un système près de s'effondrer

L'ONU évalue à 31'000 le nombre de Syriens, dont 80% de femmes et d'enfants, ayant fui depuis le début de l'offensive. Des camions venus de Turquie ont de nouveau traversé mercredi la frontière pour leur acheminer de l'aide. MSF a distribué des tentes et des couvertures pour environ 800 familles tandis que le CICR a distribué des vivres à 10'000 d'entre elles et fourni de l'eau à 10'000 personnes.

'Nous n'allons pas nous excuser'

Sur le plan diplomatique, le rôle de Moscou a une nouvelle fois été pointé du doigt mercredi par la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, ces derniers affirmant que les bombardements russes faisaient le jeu de l'Etat islamique

La Russie n'a pas tardé à répliquer. Son ambassadeur Vitali Tchourkine a accusé les Occidentaux 'd'exploiter politiquement' la crise humanitaire en Syrie. 'Nous n'allons pas nous excuser pour ce que nous faisons' à Alep en soutien au régime de Bachar al-Assad, a-t-il affirmé, faisant valoir que la campagne militaire russe était menée 'de façon très transparente'.

Une réunion malgré tout

Dans ce contexte, une réunion du Groupe international de soutien à la Syrie, comptant une vingtaine de pays dont la Russie et l'Iran et visant à relancer des pistes pour une solution diplomatique au conflit, doit se tenir jeudi à Munich.

Au vu des dissensions entre les participants, la partie semble loin d'être gagnée. D'autant que l'opposition syrienne a refusé mercredi de reprendre les pourparlers le 25 février si le régime ne levait pas les sièges des villes tenues par les rebelles et ne mettait pas fin aux bombardements.

/ATS
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