Les Kurdes ont chassé les djihadistes de Kobané, en Syrie

Le groupe djihadiste Etat islamique (EI) a été chassé lundi de la ville syrienne de Kobané par les forces kurdes, sa plus grave défaite en Syrie. Cet échec intervient le jour même où un responsable militaire en Irak annonçait que la province de Diyala était également libérée du groupe extrémiste.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a affirmé que les Kurdes contrôlaient désormais 'totalement' Kobané. Cette petite ville frontalière de la Turquie était devenue le symbole de la résistance à l'EI depuis que les djihadistes y ont lancé un vaste assaut le 16 septembre.

'Il n'y a plus de combats dans la ville et les djihadistes se sont repliés dans les environs de Kobané', a précisé son directeur Rami Abdel Rahmane. 'Les Kurdes pourchassent encore des combattants cachés à l'extrémité Est de la ville'.

Cette victoire annoncée à Kobané fait suite à plus de quatre mois de violents combats menés par les forces kurdes avec le soutien prépondérant des frappes quotidiennes de la coalition internationale. Les combats ont fait plus de 1600 morts, dont plus de 1000 dans les rangs djihadistes depuis la mi-septembre, selon les estimations.

Les forces kurdes, au départ sous-équipées, ont réussi à prendre l'avantage grâce à l'appui crucial de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.

Plus de 100 morts en Irak

En Irak, toutes les zones habitées de la province de Diyala, dans l'est de l'Irak, ont été libérées du groupe EI, a indiqué lundi un haut responsable militaire irakien. La dernière bataille dans une zone habitée de cette province a eu lieu de vendredi à lundi dans le secteur de Mouqdadiyah, au nord-est de la préfecture Baqouba.

Le général irakien a précisé que 58 membres des forces pro-gouvernementales ont été tués et 248 blessés, tandis que 'plus de 50 djihadistes' ont péri. Des chiffres qu'il est impossible de vérifier de source indépendante. Il a également expliqué que les combats se poursuivront dans une zone montagneuse isolée, à cheval sur plusieurs provinces.

Grâce à la campagne de frappes qu'elle mène depuis août, la coalition estime avoir stoppé l'avancée de l'EI en Irak, mais les djihadistes conservent pour l'instant l'essentiel de leurs positions, notamment Mossoul, la deuxième ville du pays.

Nouvelles menaces

Malgré ces revers en Irak et en Syrie, le groupe extrémiste a appelé à mener de nouvelles attaques contre les pays occidentaux, saluant les attentats exécutés par des djihadistes, notamment en France contre la rédaction de 'Charlie Hebdo'. Le porte-parole du groupe extrémiste a ajouté que l'EI considérait comme 'ennemis' les musulmans qui peuvent s'en prendre aux 'croisés' et ne le font pas.

De son côté, le président syrien Bachar al-Assad a dénoncé dans un entretien le plan des Etats-Unis d'entraîner ses ennemis rebelles pour combattre l'EI. Il a estimé qu'il s'agissait d'une chimère.

Washington entend former au Qatar, en Arabie saoudite et en Turquie plus de 5000 rebelles triés sur le volet afin de combattre l'EI.

Pour Assad, ces rebelles sont une force 'illégale' et seront traités par l'armée comme les autres insurgés, qualifiés de 'terroristes' depuis le début de la révolte en 2011 contre son régime.

Opposition syrienne à Moscou

L'arrivée des islamistes radicaux en 2013 a modifié la donne en Syrie et poussé les Occidentaux, Américains en tête, à infléchir leur stratégie et à quasiment cesser de réclamer le départ immédiat de Bachar al-Assad.

Dans ce contexte, des représentants de l'opposition syrienne étaient réunis lundi à Moscou par la diplomatie russe. Ils seront rejoints mercredi par des émissaires du régime de Damas pour des pourparlers visant à renouer le dialogue.

/ATS
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