Le pape François à Assise: « un Dieu de guerre n'existe pas »

Le pape François à Assise:

Photo: Keystone

Le pape François a dénoncé une nouvelle fois mardi ceux qui font la guerre au nom de Dieu. Le Saint-Père s'est rendu à Assise, en Ombrie, afin de prier pour la paix avec les dignitaires d'autres grandes religions ainsi que de victimes de conflits.

'Dieu est un Dieu de paix. Il n'existe pas de Dieu de guerre', a lancé le pontife lors de la messe matinale à sa résidence Sainte-Marthe au Vatican, avant de prendre l'hélicoptère pour la cité médiévale située près de Pérouse, 30 ans après le premier rendez-vous de ce genre institué par le pape Jean-Paul II.

Il a insisté sur les horreurs que traversent les pays plongés dans la violence, 'sur ces terres où jour et nuit les bombes tombent et tombent'. 'Que le Seigneur nous donne la paix du coeur, qu'il nous ôte toute envie d'avidité, de cupidité, de lutte. La paix ! Au-delà des divisions entre religions. Parce que nous sommes tous fils de Dieu', a énoncé François.

Une pensée pour Alep

Le pape a aussi appelé à avoir une pensée pour les personnes que les bombes privent d'aide humanitaire, après le raid meurtrier en Syrie contre un convoi d'aide destiné à Alep. 'Pendant que nous prions aujourd'hui, il serait bon que chacun de nous ressente la honte que des humains, nos frères, soient capables de faire cela. Aujourd'hui est une journée de prière, de pénitence, de larmes pour la paix'.

A Assise, le pape a été accueilli par des dignitaires et experts qui participent depuis dimanche à des rencontres dans la cité médiévale. Après un déjeuner avec dix victimes de guerre, il avait prévu de s'entretenir avec l'archevêque de Canterbury, Justin Welby, le chef spirituel des anglicans, le patriarche orthodoxe de Constantinople Bartholomée Ier ainsi que des représentants musulmans et juifs.

Prière commune

Mardi après-midi, tous les participants étaient invités à se retirer pour prier pour la paix, en même temps mais dans des lieux séparés, avant de converger pour une cérémonie et la proclamation d'un message de paix. Une victime de la guerre, le patriarche Bartholomée, un patriarche bouddhiste japonais, un ouléma d'Indonésie et un rabbin d'Israël devaient également s'exprimer.

Dans le contexte de conflits où des chrétiens sont victimes en Afrique et au Moyen-Orient et d'attaques terroristes perpétrées par des extrémistes se prévalant de l'islam, ce rendez-vous annuel vise à désolidariser les grandes religions des prédicateurs de haine.

Il y a 30 ans, la première rencontre interreligieuse de ce type, à l'invitation de Jean-Paul II, avait représenté un moment historique pour l'Eglise catholique et le rapprochement de religions souvent séparées par des siècles d'hostilités et de massacres.

Depuis dimanche, quelque 500 représentants des différentes traditions religieuses, ainsi que des laïcs, ont participé à une série de tables rondes thématiques à Assise (terrorisme, environnement, migrants, Irak) suivies par 12'000 participants.

/ATS
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