La police parisienne équipée de fusils d'assaut, une première

La police parisienne équipée de fusils d'assaut, une première

Photo: Keystone

Les brigades anticriminalité de la police parisienne vont pour la première fois être équipées de fusils d'assaut, a annoncé lundi Bernard Cazeneuve. Elles pourront ainsi répliquer aux tirs de type Kalachnikov et intervenir rapidement en cas de 'tueries de masse'.

'Certains des criminels auxquels vous êtes confrontés n'hésitent plus désormais à faire usage contre vous d'armes lourdes, de véritables armes de guerre contre lesquelles vous devez disposer de moyens de riposte et de protection adaptés', a déclaré le ministre de l'Intérieur à des policiers d'un commissariat parisien.

Les brigades anticriminalité de Paris, des unités mobiles de jour comme de nuit, seront ainsi équipées pour la première fois de 204 fusils d'assaut HK G 36, réservés jusqu'à présent aux forces d'intervention d'élite, mais aussi de 1835 gilets pare-balles et de 241 boucliers résistants aux tirs de Kalachnikov.

Ces nouveaux moyens, qui comptent aussi des pistolets à impulsion électrique (Taser), lanceurs de balles de défense et autres bâtons télescopiques de défense, représentent un budget de 17 millions d'euros. Les livraisons s'étaleront jusqu'à juin.

Les brigades anticriminalité 'doivent pouvoir intervenir le plus rapidement possible en renfort des premières patrouilles engagées, notamment lorsque nous sommes confrontés à des tueries de masse', a souligné M. Cazeneuve.

Plan antiterrorisme

Le dispositif passe par un renforcement des brigades anticriminalité de la police et des pelotons de surveillance et d'intervention de la gendarmerie.

Ces unités pourront être mobilisées dans un délai de 20 minutes à n'importe quel endroit du pays, a indiqué le ministre. 'La menace est à un niveau le plus élevé qu'elle n'a jamais été', a-t-il répété, soulignant que chaque Français devait pouvoir bénéficier du 'même niveau de sécurité', où qu'il vive sur le territoire.

Paris et sa région ne sont pas les seules cibles potentielles des djihadistes, comme l'ont démontré la décapitation d'un chef d'entreprise en Isère en 2015 et l'attaque d'un commissariat à Joué-les-Tours (Indre-et-Loire) en 2014.

Maillage serré

Les attentats de 2015 ont aussi montré que les brigades anticriminalité de la police, qui sont constamment en patrouille, étaient les premières à arriver sur les lieux des attaques mais qu'elles étaient presque impuissantes face à des terroristes disposant d'armes de guerre.

Le but est d'obtenir 'un maillage resserré, ainsi qu'une articulation très fine entre police et gendarmerie, afin que l'ensemble du territoire soit couvert', a encore expliqué M. Cazeneuve. Le ministre a souligné que, plus largement, le seul fait de porter l'uniforme faisait désormais des policiers 'des cibles' et que les malfaiteurs avaient, eux aussi, recours à des armes lourdes.

/ATS
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